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Madagascar: le ministre de la Justice s'exprime après la mutinerie de Farafangana

Lors d'une conférence de presse, le ministre de la Justice, Johnny Andriamahefarivo, est revenu sur les circonstances de la mutinerie qui a eu lieu à la prison de Farafangana dimanche 23 août.
Lors d'une conférence de presse, le ministre de la Justice, Johnny Andriamahefarivo, est revenu sur les circonstances de la mutinerie qui a eu lieu à la prison de Farafangana dimanche 23 août. Laetitia Bezain/RFI
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le ministre de la Justice s'est exprimé jeudi 27 août sur la mutinerie, suivie de l'évasion de 88 détenus dans la prison de Farafangana, sur la côte sud-est de l'île le 23 aout. 20 ont été tués par les forces de l'ordre et trois autres sont morts des suites de leurs blessures. Un garde a été blessé par les prisonniers. Lors d'une conférence de presse, à Antananarivo, le ministre de la Justice, qui s'est rendu sur les lieux, pendant deux jours est revenu sur les circonstances de cette mutinerie qui a provoqué une répression très violente des forces de l'ordre.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Les quatre gardes présents le jour de l'évasion n'ont pas pu résister à la mutinerie des prisonniers. Les forces de sécurité : policiers, gendarmes et militaires de Farafangana, sont arrivés sur place après un appel à l'aide de la directrice régionale de l'administration pénitentiaire a expliqué Johnny Andriamahefarivo, le ministre de la Justice.

« Ceux-là même quand ils sont arrivés n'ont pas reçu d'ordre, n'étaient ni organisés de manière professionnelle pour voir comment et quelle attitude ils auraient dû prendre. Leur intention était de rétablir l'ordre et ramener à la maison d'arrêt ceux qui étaient attrapés. Ce qu'on sait c'est qu'il y a eu des coups de fusil et, à travers ces coups de fusils, aujourd'hui, on a cette vingtaine de morts. C'est pour cette raison que nous avions dépêché des enquêtes sur place et c'est seulement l'enquête qui nous dira s'il y eu dérapage, s'il y a eu abus ou s'il y a eu bavure ou s'il y a eu exercice normal de leur activité. Comme partout ailleurs, dans un pays démocratique qui se respecte, s'il y a eu abus, normalement je pense qu'il doit y avoir interpellation ou poursuite. On ne néglige pas le fait qu'il y a eu des morts. On ne néglige pas le fait qu'il y a eu peut-être dérapage mais il n'est pas non plus à négliger qu'il y a eu une évasion massive qui a été faite avec violence particulière et qui portait atteinte réellement à la sécurité de l'Etat à travers la sécurité des biens et des personnes. »

Confinement et corruption

Les prisonniers sont parvenus à prendre un pistolet-mitrailleur à l'un des agents pénitentiaires. 47 détenus ont été capturés vivants.18 sont encore en fuite. Le ministre de la Justice est aussi revenu sur les raisons de cette mutinerie.

« Il y a eu le confinement. On a préféré lutter contre le coronavirus et puis garder ces détenus là à l'intérieur des prisons. Evidemment, les mains d'œuvres pénales ont cessé les autorisations un peu particulières de manière à ce que tout le monde soit à l'intérieur. Ce n'était pas que pour la prison de Farafangana mais partout à Madagascar. Avec ces mesures, ils se sont retrouvés confinés dans des endroits, on le reconnaît, qui datent de X temps. Les familles ne pouvaient pas non plus venir de temps à temps suppléer aux besoins de ces prisonniers. Il y a peut-être cela aussi. Certains se sont plaint lors d'enquêtes que nous avons menées il y a deux jours. Par exemple, ils ont dit qu'ils n'ont jamais compris pourquoi une demande de liberté provisoire fait suite à une demande excessive d'argent. Alors j'ai dû leur expliquer que la liberté provisoire, la demande et la décision sont gratuites. Donc il y a aussi de la corruption. Mais ce n'est pas parce qu'il y en a un ou deux qui se plaisent à faire de la corruption que l'on va dire que tout le monde à l'intérieur est corrompu. Tout ceci mêlé contribue au fait qu'à un moment donné on ne tient plus. »

De nombreux prisonniers sont aussi en attente de leur jugement. Le ralentissement de la machine judiciaire dû de la pandémie de Covid-19 a aussi été évoqué comme l'une des raisons du ras le bol des détenus.

Une prison surchargée

La prison de Farafangana compte 357 prisonniers pour une capacité d'accueil de 260. La surpopulation dans les maisons d'arrêt de la Grande Ile est amplifiée par le recours fréquent à la détention préventive. En octobre 2017, Amnesty International indiquait dans un rapport que plus de la moitié des détenus à Madagascar sont des prévenus.

Ces derniers jours, plusieurs organisations, notamment la Commission nationale indépendante des Droits de l'homme, Plateforme nationale des organisations de la société civile de Madagascar et Amnesty International ont vivement dénoncé la répression meurtrière des forces de l'ordre.

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