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Rwanda: Paul Rusesabagina, l’ex-patron de l’hôtel des Mille Collines, détenu à Kigali

Paul Rusesabagina photographié à Bruxelles lors d'une conférence sur "la situation au Rwanda", le 18 juin 2019.
Paul Rusesabagina photographié à Bruxelles lors d'une conférence sur "la situation au Rwanda", le 18 juin 2019. NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L’ancien patron de l’hôtel des Mille Collines, Paul Rusesabagina, a été présenté par la police rwandaise à Kigali. Il est accusé d’être l’un des fondateurs et financiers d’un groupe rebelle rwandais et se retrouve aujourd’hui accusé entre autres de terrorisme, de kidnapping et d’assassinat.Les circonstances de son arrestation restent floues, sa famille parle de kidnapping.

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Paul Rusesabagina, c’est ce patron d’hôtel qui avait sauvé plus d’un millier de Tutsis et de Hutus pendant le génocide, des actes qui avaient été immortalisés par Hollywood et le film Hotel Rwanda. C’était en 1994. Depuis, l’ancien patron d’hôtel était devenu opposant à Kigali depuis plus de 15 ans, il avait d’ailleurs créé un parti politique en exil, le PDR (Parti pour la démocratie au Rwanda).

Pour sa famille, Paul Rusesabagina n’a pu qu’être kidnappé. Il se disait à Dubaï aux dernières nouvelles jeudi et promettait de rappeler le lendemain. Il n’avait pas donné de nouvelles depuis. D’où la surprise de sa famille lundi. « Le régime était après lui depuis longtemps, il était toujours menacé », explique un proche. Inquiet également, son avocat rappelle qu’en tant que citoyen belge, il devait et devrait bénéficier de la protection consulaire de la Belgique, y compris à Kigali. La police rwandaise, elle, n’a pas donné de précisions sur les circonstances de cette arrestation, uniquement qu’elle a bénéficié d’une coopération internationale, sans plus de précision.

Des liens avec le MRCD

La police a en revanche donné quelques détails sur les faits qui lui sont reprochés. Paul Rusesabagina serait détenu en raison de ses liens avec le MRCD. Ce mouvement en exil disait à sa création en juillet 2018 être prêt à user de tous les moyens, y compris de la lutte armée. L’ancien patron d’hôtel et opposant de longue date était présenté comme son président. Pendant quelques mois, ce qui était sa branche armée, les FLN, va revendiquer plusieurs attaques contre des cibles militaires dans le sud du Rwanda. La police rwandaise évoque deux attaques en 2018, l’une en juin à Nyabimata dans le district de Nyaruguru et l’autre en décembre dans le district Nyamagabe, en pleine forêt de Nyungwe. A chaque fois, les autorités rwandaises avaient parlé d’une attaque contre des civils faisant deux morts.

Paul Rusesabagina a longtemps été accusé de soutenir des mouvements rebelles rwandais, ce qu’il avait toujours démenti. Jusqu’au troisième mandat de Paul Kagame. Depuis, comme beaucoup d’opposants de son pays, il estimait que seule la lutte armée permettrait de renverser le chef de l’État à Kigali.

L’opposant faisait l’objet d’un mandat d’arrêt qui lui avait valu une perquisition à son domicile en Belgique.

 

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