Tunisie: le Parlement se prononce sur le gouvernement d'Hichem Mechichi

Le Premier ministre tunisien Hichem Mechichi (à gauche) présente la liste de son gouvernement au président Kaïs Saïd, le 24 août 2020.
Le Premier ministre tunisien Hichem Mechichi (à gauche) présente la liste de son gouvernement au président Kaïs Saïd, le 24 août 2020. Tunisian Presidency / AFP

C’est un vote de confiance qui a lieu ce mardi 1er septembre en Tunisie. Le gouvernement du Premier ministre désigné Hichem Mechichi doit recueillir 109 des 217 voix de l’Assemblée des représentants du peuple pour remplacer l’équipe sortante d’Elyes Fakhfakh. En cas de refus de cette confiance par les députés, le président de la République, Kaïs Saied, pourrait convoquer des élections législatives anticipées.

Publicité

Avec notre correspondant à Tunis, Michel Picard

Les partis politiques ont bien été consultés par Hichem Mechichi mais ils n’auront voix au chapitre que pour accepter ou refuser une liste gouvernementale apolitique de 28 personnes, choisies pour leurs compétences.

Le président de la République, sans parti, a supervisé la manoeuvre, plaçant même un proche au ministère de l’Intérieur. D’ailleurs Kaïs Saied reprend la main dans l’arène politique. Si en Tunisie, en effet, les prérogatives du chef de l’Etat sont limitées, il a tout de même le pouvoir de dissoudre l’Assemblée si les députés n’accordent pas la confiance au nouveau gouvernement.

Un refus de l’hémicycle risquerait donc, en cas de législatives anticipées, de faire perdre leurs sièges à nombre de députés, une menace peut-être suffisante pour voter la confiance.

Jusque-là faiseur de rois et de ministres, le parti d’inspiration islamiste, Ennahdha, première force parlementaire, n’est plus maître du jeu. Si la confiance est votée, il pourrait cependant, en cas de désaccord majeur, faire chuter le gouvernement dont l’assise parlementaire s’annonce fragile.

S’il passe cette étape avec son gouvernement de technocrates, Hichem Mechichi aura la lourde tâche de redonner espoir à une population frappée par un chômage à 18 %, dans une économie en berne où le moteur touristique est à l’arrêt.

► À lire aussi: Tunisie: un nouveau gouvernement au profil technocrate

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail