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Candidature d’Alpha Condé en Guinée: ses partisans applaudissent, ses opposants menacent

Alpha Condé (au centre) en campagne dans les rues de Conakry, le 8 octobre 2015.
Alpha Condé (au centre) en campagne dans les rues de Conakry, le 8 octobre 2015. RFI/Guillaume Thibault
Texte par : RFI Suivre
5 mn

C’est désormais officiel, le président Alpha Condé, est candidat à la présidentielle en Guinée. L’élection est prévue le 18 octobre. Malgré des mois de contestation contre cette candidature pour un troisième mandat, le président sortant maintient ses ambitions. Son parti défend logiquement sa décision de se représenter, l’opposition préparer déjà ses actions pour protester.

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Contrairement à 2010 et 2015, cette fois-ci, Alpha Condé n’a pas fait d’allocution pour annoncer sa candidature. C’est son parti qui s’en est chargé. Dans l’entourage d’Alpha Condé, on explique qu’il y a un parallélisme des « formes » : c’est son parti qui était demandeur, il revenait au RPG Arc-en-ciel, d’annoncer sa candidature.

Ses soutiens espèrent désormais le voir achever des chantiers. « Sa première mandature et sa seconde ont été entrecoupées par Ebola et le Covid-19, sans compter les manifestations politiques qui ont émaillé tout le long de ses deux mandats, argumentePapa Koly Kourouma, le porte-parole de la Codecc, la Convention démocratique pour le changement dans la continuité. Nous pensons qu’il faut ce mandat pour pouvoir finaliser ses travaux. Il est donc avantageux pour nous puisque la loi lui permet d’être encore là pour finir ce qu’il a commencé. »

Manifestation, à Conakry, baptisée « marche de l’ultimatum » contre le porjet de réforme de la Constitution qui pourrait ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat du président guinéen Alpha Condé, le 6 janvier 2020.
Manifestation, à Conakry, baptisée « marche de l’ultimatum » contre le porjet de réforme de la Constitution qui pourrait ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat du président guinéen Alpha Condé, le 6 janvier 2020. CELLOU BINANI / AFP

« Pour moi, ce n’est pas une surprise et la candidature est un acte qui répond à un besoin, le besoin d’un peuple qui fait appel à son président de la République pour continuer le travail qu’il a entamé », souligne Malick Sankon, membre du bureau politique du parti au pouvoir. 

Pour les soutiens du chef de l’État, les compteurs redémarrent à zéro avec la nouvelle Constitution.

Appel à la Cédéao

La classe politique n’a pas tardé à réagir. Peu surpris par cette annonce, l’opposant Bah Oury dénonce « une fuite en avant ». « La sagesse aurait dû pousser monsieur Alpha Condé à laisser une trace positive pour être le Mandela de la Guinée comme il l’a toujours déclaré par le passé », estime-t-il. « La Guinée aujourd’hui est dans une impasse totale, non pas parce que les facteurs objectifs sont difficiles, mais simplement parce qu’il y a une volonté de rester au pouvoir en niant les dynamiques d’alternance démocratique et en ne respectant pas les fondamentaux d’un état de droit. »

Le FNDC (opposition et société civile) condamne cette candidature et appelle à « l’union sacrée » contre un éventuel troisième mandat d’Alpha Condé, qui symbolise un recul de la démocratie aux yeux d’Ibrahima Diallo, chargé des opérations du FNDC. « Alpha Condé, qui revendique un combat de 40 ans pour la démocratie, aujourd’hui se dédit, renie tout son combat et accepte aujourd’hui de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Les manifestations vont reprendre effectivement contre la confiscation du pouvoir contre le coup d’État constitutionnel. C’est également un appel que nous allons lancer à la Cédéao à travers ces manifestations pour dire que, pour éviter le scénario malien, il faudrait vraiment que la Cédéao puisse prendre ses responsabilités et demander à monsieur Alpha Condé de retirer sa candidature, et renoncer à son troisième mandat pour la paix et la quiétude sociale en Guinée »

Cellou Dalein Diallo candidat ?

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) annonce la reprise des manifestations, mais avant cela, cette plateforme de l’opposition et de la société civile doit clarifier les choses en interne. Une réunion du comité de pilotage du FNDC a lieu ce mardi après-midi. Chaque leader politique doit dire s’il se lance ou non, dans la course à la présidentielle.

On devrait notamment savoir si Cellou Dalein Diallo est candidat. Mais s’il décide d’y aller, il risque de perdre le soutien du FNDC, puisque la plateforme est ferme sur ce point : tout candidat à la présidentielle est automatiquement exclu. Car le FNDC estime que c’est tout le processus électoral qui est biaisé, qu’il est donc impossible de manifester à ses côtés, contre une candidature du chef de l’État, tout en battant campagne.

« Nous travaillons sur les stratégies à déployer, explique Sekou Koundouno, responsable des stratégies et planification du FNDC. Nous allons reprendre dans les jours qui viennent des manifestations illimitées afin que nous puissions user de tous les moyens légaux pour faire partir monsieur Alpha Condé du pouvoir car il est une menace à la stabilité du pays. »

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