Accéder au contenu principal

En Arabie saoudite, des centaines d'Éthiopiens enfermés dans d'épouvantables centres Covid

Le journal britannique révèle, images à l'appui, l'enfer concentrationnaire dans lequel sont entassés des centaines d'Éthiopiens en Arabie saoudite.
Le journal britannique révèle, images à l'appui, l'enfer concentrationnaire dans lequel sont entassés des centaines d'Éthiopiens en Arabie saoudite. Capture d'écran du journal britannique «The Telegraph».

Une enquête publiée dimanche 30 août par le journal britannique The Telegraph a soulevé un tollé, des chancelleries européennes jusqu'à l'ONU. Deux journalistes du quotidien ont révélé, images et vidéos à l'appui, que des centaines d'Éthiopiens sont détenus dans au moins deux centres fermés en Arabie saoudite. Des centres destinés prétendument à freiner la propagation du Covid-19 et où les conditions de survie sont littéralement épouvantables.

Publicité

« Les gardes jettent les cadavres comme si c'était des poubelles. » Ainsi parle l'un de ces détenus éthiopiens contactés clandestinement par le journaliste éthiopien Zecharias Zelalem et le Britannique Will Brown pour le quotidien The Telegraph.

Tous les enfermés interrogés décrivent un enfer concentrationnaire : la promiscuité de centaines d'hommes dans une chaleur terrible, des coups de fouet au rythme de hurlements racistes, peu d'eau, peu de nourriture. Les images filmées par des téléphones portables et envoyées au Telegraph sont affreuses : des latrines qui débordent, des fenêtres bouchées, des appels désespérés d'hommes torse et pieds nus, pataugeant dans un égout. Et même un adolescent suicidé, pendu à une fenêtre.

Les données de géolocalisation indiquent qu'au moins deux centres se trouveraient dans le sud et dans l'ouest du pays, près de Jazan et de La Mecque. Selon les témoignages, les migrants éthiopiens auraient été enfermés là en avril, après des rafles destinées à prétendument réduire les facteurs de propagation du Covid-19.

Sitôt l'enquête publiée, les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Sollicités, l'Organisation internationale des migrations (OIM), le secrétariat général de l'ONU, la diplomatie britannique et l'organisation américaine Human Rights Watch ont exprimé leur « inquiétude » et demandé une enquête.

Dès le lendemain, l'Arabie saoudite a promis de faire la lumière sur ces images « choquantes et inacceptables ». Dans un communiqué transmis au journal, le gouvernement saoudien affirme « examiner l'état de tous les centres gouvernementaux à la lumière de ces allégations », ajoutant que si certaines « manquaient à leurs nécessités », la question serait réglée.

Mais Riyad a aussitôt pointé du doigt le gouvernement éthiopien qui, au cours de négociations, aurait « refusé leur retour » au pays, faute de moyens pour les mettre en quarantaine. Interrogée par le Telegraph, l'Éthiopie, de son côté, dit tout ignorer de ces camps de détention. La ministre éthiopienne de la Diplomatie économique et des Affaires de la diaspora, Tsion Teklu, a dit qu'elle n'en savait pas plus que ce qu'a révélé le Telegraph et qu'elle aborderait la question avec l'Arabie saoudite.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.