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RDC: faut-il intégrer des ex-combattants de groupes armés au sein des forces régulières?

Kafunzi, province du Nord Kivu: les soldats des Forces armées de la RD Congo, avec l’appui de la force de la Monusco, poursuivent la traque des groupes armés à l’est de la RD Congo (photo d'illustration).
Kafunzi, province du Nord Kivu: les soldats des Forces armées de la RD Congo, avec l’appui de la force de la Monusco, poursuivent la traque des groupes armés à l’est de la RD Congo (photo d'illustration). Photo MONUSCO/Alain Wandimoyi
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La cheffe de la Monusco s’est prononcée contre l’amnistie des groupes armés et l’intégration des combattants. Selon elle, les partenaires du Congo ne financeront plus de programme allant en ce sens. Or le gouvernement congolais a signé un accord avec les FRPI en Ituri qui prévoit amnistie et intégration et Kinshasa négocie également avec d’autres groupes armés dans cette province.

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L’amnistie des groupes armés et l’intégration des combattants est un sujet qui fait débat parmi les experts congolais. Pour Nickson Kambale, du réseau pour la Réforme du secteur de sécurité et de justice, Leila Zerrougui, à la tête de la Monusco, a raison. Il ne faut pas de prime à la rébellion.

Il faut arrêter, cela fait 20 ans que ces gens survivent parce qu’ils sont récompensés, même quand ils déposent les armes. Il ne faut pas accepter l’amnistie. On a été très clair, que si le processus mène à l’intégration dans l’armée ou à discuter des grades, la Monusco n’est pas concernée par ça.

Leila Zerrougui, cheffe de la Monusco

Au vu de leurs revendications, ceux qui bénéficieront de l’amnistie ou de l’intégration pourraient ne pas rester dans l’armée et ceux qui n’en bénéficieront pas risquent de relancer les hostilités : « On ne peut pas recourir aux milices pour former une armée, sinon on n’aura pas l’armée, affirme Nickson Kambale. La preuve, c’est qu’aujourd’hui, la plupart de ceux qui ont quittés les groupes armés, sont les premiers à déserter, pour revendiquer, pour défendre leur droit qui est violenté, que l’on n’a pas pris en compte. »

« Une seule condition, c’est qu’on ne les redéploie pas dans leur zone »

Pour Josaphat Musamba, spécialiste des groupes armés, il ne faut pas fermer la porte à l’intégration, tout dépend des conditions, car les FARDC ne sont aujourd’hui pas assez nombreuses pour sécuriser le territoire congolais : « À une seule condition, c’est qu’on ne les redéploie pas dans leur zone. Parce que s’ils sont formés, certains du Sud-Kivu peuvent être redéployés au Nord-Kivu ou en Ituri, pour aller servir dans l’armée. C’est un élément de plus, que de le rejeter. Quand Félix [Tshisekedi] a proposé que les militaires aient un salaire décent, beaucoup voulaient se démobiliser. »

Pour les deux experts, en tout cas, ce qui fait défaut aujourd’hui dans les programmes DDR (désarmement, démobilisation et réintégration), c’est le manque de moyens, la méconnaissance des revendications des groupes armés, notamment le règlement des questions foncières et coutumières, ou même l’absence de consultations réelles des communautés locales.

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