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Algérie: manifestations à Paris et Tunis pour demander la libération du journaliste Khaled Drareni

Rassemblement à Paris pour demander la libération du journaliste algérien Khaled Drareni, le 7 septembre 2020.
Rassemblement à Paris pour demander la libération du journaliste algérien Khaled Drareni, le 7 septembre 2020. RFI/Magali Lagrange
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le directeur du site d'information Casbah Tribune, correspondant de TV5 Monde et RSF, est détenu en Algérie depuis la fin du mois de mars. Il avait été arrêté après avoir couvert une manifestation du soulèvement populaire dit du « Hirak ». Il y a presque un mois, il a été condamné à trois ans de prison pour incitation à attroupement et atteinte à l'unité nationale. Son procès en appel s'ouvre mardi.

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Devant l’ambassade d’Algérie à Paris, des journalistes de la télévision française se sont rassemblés ce lundi matin. « Libérez Khaled », en anglais « Free Khaled ». Le message, précédé d’un hashtag, s’affiche sur une photo du journaliste. La pancarte est entre les mains de Christophe Deloire.

Pour le secrétaire général de Reporters sans frontières, les accusations contre Khaled Drareni ne tiennent pas, et le pouvoir algérien tente à travers lui d’intimider l’ensemble de la profession : « Parce qu’il est un journaliste brillant, il est un journaliste responsable, il est charismatique, il est populaire, il symbolise la liberté de l’esprit. Et c’est ce qu’on lui a fait payer, et c’est pourquoi le pouvoir algérien a voulu faire de lui un exemple. »

Autour de Christophe Deloire, une dizaine de journalistes français, visages bien connus de différentes chaînes de télévision nationales, venus, eux aussi, défendre la cause de leur confrère algérien. Parmi eux, Laurent Delahousse, l’un des présentateurs du journal de 20 heures de France 2 : « Aujourd’hui, il est bien évidemment un symbole, un symbole de beaucoup d’autres journalistes qui pourraient faire l’objet de pressions, comme c’est le cas déjà. Il a juste fait son travail, nous on a la chance de pouvoir le faire librement aujourd’hui. On lui reproche de remettre en cause l’unité nationale alors qu’il ne fait que véhiculer un mouvement qui a rarement été aussi puissant et aussi unitaire. »

Mobilisation à Tunis

Depuis la condamnation de Khaled Drareni, une campagne internationale de soutien et d’appel à sa libération a été lancée. Des mobilisations ont été organisées dans plusieurs villes :  à Alger bien sûr, mais aussi à New York et à Tunis, comme en témoigne notre correspondant Michel Picard. Une photo de Khaled Drareni à la main, Abdel Kharrak, journaliste tunisien, est venu pour une raison simple : « Ici on soutient notre collègue, on soutient la liberté d’expression. »

Pour le directeur Afrique du Nord de Reporters sans frontières, ce soutien naturel en Tunisie est amplifié par la trajectoire particulière du pays : « La Tunisie et l’Algérie font partie de l’union du Maghreb arabe. Elles entretiennent des relations très étroites. Mais la Tunisie en tant que démocratie est unique dans la région. » Et Souhaieb Khayati de rappeler l’enjeu derrière les pancartes : « Nous sommes là pour manifester toute notre solidarité envers le journalisme et la presse libre et indépendante en Algérie. Et ce à travers Khaled Drareni qui est devenu le symbole de la lutte pour la liberté de l’information et de la presse en Algérie. »

L’incarcération de cette figure du mouvement de contestation Hirak, est un non-sens pour sa compatriote Fatima Zora Lala, drapeau algérien en main : « Je ne comprends vraiment pas du tout. Parce que le journalisme est fait pour informer l’opinion publique. Lui il fait partie d’une élite algérienne qui est là pour justement un éveil de la population. Cette population a été intoxiquée par un régime qui est agonisant. » Un immense portrait de Khaled Drareni recouvre la façade des locaux du syndicat des journalistes accompagné d’un slogan appelant à sa libération.

Une pétition lancée en Algérie a recueilli environ 2 000 signatures de journalistes et de personnalités de la société civile.

Il a jute exercé son métier. Il a couvert un mouvement de protestation et il a été incarcéré, jugé, condamné pour des faits qui n’existent pas. Il n’y a aucune atteinte à quoi que ce soit. Il a juste exercé son métier.

Françoise Joly

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