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Mali: la Cédéao demande la désignation d’un président civil d’ici le 15 septembre

Salle plénière du Centre international de conférence de Bamako (CICB) lors de la première journée de concertation nationale, le samedi 5 septembre 2020.
Salle plénière du Centre international de conférence de Bamako (CICB) lors de la première journée de concertation nationale, le samedi 5 septembre 2020. David Baché/RFI
Texte par : RFI Suivre
7 mn

À Niamey, au Niger, les États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) étaient à nouveau au chevet du Mali, ce 7 septembre. La Cédéao maintient les sanctions économiques contre Bamako et contre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), les militaires qui ont pris le pouvoir après avoir renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta. La conférence, présidée par le chef de l'État nigérien, Mahamadou Issoufou, s'est terminée en fin de journée. La Cédéao demande à la junte un président civil au Mali d'ici le 15 septembre.

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Avec notre correspondant à Niamey, Moussa Kaka

C’est un véritable ultimatum que les chefs d’État de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) ont lancé aux nouvelles autorités maliennes de Bamako, ce 7 septembre. « Le temps des coups d’État dans l’espace de la Cédéao est révolu », dit-on ici à Niamey. Le président en exercice de la Cédéao, le Nigérien Mahamadou Issoufou, a une nouvelle fois appelé à « un rétablissement rapide de toutes les institutions démocratiques ».

À l'unanimité des chefs d’État, toutes les sanctions prises à l’encontre de la junte sont maintenues et – coup de massue – la Cédéao donne un ultimatum d’une semaine à la junte militaire pour désigner le président de la transition ainsi que son Premier ministre, tous des civils. Ainsi, le nouvel homme fort de Bamako a jusqu’au 15 septembre 2020 pour répondre favorablement aux exigences de la Cédéao.

Un an pour la transition

La Cédéao maintient également le délai d'un an pour la transition. Selon le ministre nigérien des Affaires étrangères, Kalla Ankourao, au-delà de cette date, plusieurs institutions internationales risquent de quitter le Mali, condamnant ainsi le peuple malien. À propos des rencontres inter-maliennes initiées par la junte militaire, les chefs d’État de la Cédéao disent « prendre acte ».

De son côté, l’envoyé spécial des Nations unies, Ibn Chambas, a déclaré que l'ONU soutenait les efforts de la Cédéao pour la stabilité institutionnelle du Mali et que la Minusma, la force onusienne, apporte son soutien au médiateur dans la crise malienne, Goodluck Jonathan.

Le temps presse donc désormais pour la junte au pouvoir à Bamako. Parviendra-t-elle à respecter cet ultimatum adressé par la Cédéao ? Réponse possible en fin de semaine à l’issue de la concertation que les militaires viennent de lancer. Cette concertation, élargie aux partis et à la société civile, doit en effet reprendre ses travaux ce jeudi pour trois jours. 

C’est un signal fort qui a été lancé aux militaires pour qu’ils se décident à remettre le pouvoir aux civils. Depuis qu’ils ont pris le pouvoir, les militaires font diversion en organisant des assises, etc. On a l’impression qu’ils cherchent à légitimer leur prise de pouvoir par la population. Or, le temps presse.

Pape Ibrahima Kane

► À lire aussi : La situation au Mali au cœur du 57e sommet de la Cédéao à Niamey


■ Une intransigeance insupportable pour certaines voix du M5

Au Mali, Le M5, fer de lance de la contestation contre l'ex-président Ibrahim Boubacar Keïta depuis des mois, doit se réunir ce mardi après-midi, mais déjà dans ses rangs certaines voix s'élèvent pour dénoncer une position trop dure de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Ce que nous n’acceptons pas et que nous condamnons, c’est le diktat de la Cédéao, c’est cette fuite en avant de la Cédéao, parce que nous attendions au moins un allègement des sanctions. Pour nous, la Cédéao allait au moins alléger les sanctions parce que c’est notre peuple qui souffre de ces sanctions. Ce sont nos entreprises qui souffrent de ces sanctions. C’est notre économie qui souffre. Elle est dure, elle est injuste, elle est insupportable cette décision de la Cédéao de maintenir les sanctions. Pour ce qui est d’une transition dirigée par des civils, c’est un principe sacro-saint de la démocratie. Là-dessus, il n’y a aucun problème. Ils n’ont pas à nous dire, à nous donner un délai pour que nous nous mettions d’accord sur une transition civile. Donc, aujourd’hui, la Cédéao doit être au côté du peuple malien et non aux côtés d’un certain nombre de principes qui en vérité ne tiennent pas la route aujourd’hui.

Nouhoum Sarr, président du parti Front africain pour le développement (FAD), membre du M5

 

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