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L'artiste rwandais Kizito Mihigo reçoit à titre posthume le prix Vaclav Havel

L'artiste rwandais Kizito Mihigo le 4 avril 2019 à son domicile de Kigali.
L'artiste rwandais Kizito Mihigo le 4 avril 2019 à son domicile de Kigali. RFI/Pierre René-Worms
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le chanteur rwandais Kizito Mihigo est l’un des trois lauréats cette année du prix Vaclav Havel. Ce prix récompense chaque année des artistes qui s’opposent avec leurs œuvres à la dictature.

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Selon le communiqué de la Human Rights Foundation, il est d’abord récompensé pour les travaux de sa fondation pour la réconciliation, la fondation Kizito Mihigo pour la paix. Kizito Mihigo était lui-même rescapé et avait travaillé notamment dans les écoles, mais aussi dans les prisons, auprès de ceux qui étaient condamnés pour un génocide dont il était une victime.

« Un énorme courage »

Mais s'il a reçu ce prix, c’est aussi à cause de sa chanson controversée, Igisobanuro cy'urupfu (L’explication de la mort en français). C’est le sens même du prix Vaclav Havel. Selon le communiqué, Kizito Mihigo a fait preuve « d’un énorme courage » en 2014 en diffusant cette chanson dans laquelle il appelait à la compassion pour toutes les victimes, y compris celles des massacres du Front Patriotique Rwandais du président Paul Kagame. « Le régime a rapidement banni cette chanson qui contredit l’histoire officielle », rappelle la Human Rights Foundation.

►À lire aussi : Rwanda : Kizito Mihigo, «le message plus important que le messager» (2/2)

Juste après, Kizito Mihigo avait été arrêté et condamné à 10 ans de prison pour « complot contre le gouvernement ». Il avait été libéré au bout de quatre ans. Sa fondation n’a jamais pu reprendre ses activités. Kizito Mihigo est mort dans des conditions suspectes en prison le 17 février 2020 après avoir cherché à fuir le pays. Kigali a toujours affirmé qu’il s’était suicidé.

Il a reçu ce prix posthume en même temps que l'artiste chinois Baciucao, surnommé jusqu'à l'année dernière le Banksy chinois. Comme le célèbre artiste de rue britannique, lui aussi défend les droits de l’homme à travers ses œuvres et lui aussi le faisait de manière anonyme. Mais en 2019. Badiucao décide de mettre fin au mystère. Lors d’un documentaire sur sa vie diffusé en Australie où il a trouvé refuge, Badiucao, apparaît face caméra et révèle son identité. Le choix est clair, dit-il : « soit je disparais, soit je sors de l’anonymat et j’affronte le gouvernement chinois »

Avant cela l’artiste, naturalisé australien, était toujours masqué en public. Ses caricatures qui tournent en dérision le parti communiste chinois, ont largement été diffusées sur les réseaux sociaux de son pays d’origine. Mais il a très vite était confronté à la censure de Pékin. Badiucao a fini par bâtir sa réputation hors des frontières de la Chine.  

Sur son compte Twitter, l’artiste désormais lauréat du prix Vaclav Havel 2020, se dit honoré par cette distinction. Il partage cette récompense avec les Ouighours, les Tibétains, les Mongols et les Hong-kongais qui font face à la répression chinoise.   

Également récompensé l'humoriste satirique saoudien Omar Abdulaziz.

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