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Côte d’Ivoire: l’opposition fait front commun contre la candidature d’Alassane Ouattara

L'ancien président ivoirien Henri Konan Bédié, le 20 septembre 2020 à Abidjan.
L'ancien président ivoirien Henri Konan Bédié, le 20 septembre 2020 à Abidjan. AFP/Issouf Sanogo
Texte par : RFI Suivre
8 mn

En Côte d'Ivoire, les principales plates-formes d'opposition étaient réunies ce 20 septembre autour d’Henri Konan Bédié à Abidjan pour appeler à faire barrage à la candidature du président sortant, Alassane Ouattara. L’opposition pose des exigences et appelle à la mobilisation dans la rue.

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Avec notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto

Beaucoup s'attendaient à un appel au boycott. Il n'a pas eu lieu. C'est un appel à la désobéissance civile qu'a lancé Henri Konan Bédié.Face à une salle survoltée, le candidat à la présidentielle a eu ces mots très forts ce 20 septembre. « Face à la forfaiture, un seul mot d'ordre, irréversible : la désobéissance civile », a lancé le doyen de l'opposition.

Ecouter le reportage lors de cette rencontre de l'opposition

Une série de demandes

Concrètement, les partis, plates-formes et organisations de la société civile, regroupés au sein de cette coalition de l'opposition, appellent à la mobilisation dans la rue, alors que les manifestations sont interdites par décret.

Depuis l’annonce de sa candidature par Alassane Ouattara le 6 août, des manifestations sporadiques ont eu lieu un peu partout dans le pays. Elles étaient souvent émaillées de violences, qui ont fait au moins 15 de morts. Mais les mots d’ordre des états-majors politiques étaient rares. Cette fois, la consigne est lancée par les principales formations d’opposition.

Cette mobilisation se concentre contre un troisième mandat d'Alassane Ouattara, mais pour obtenir satisfaction sur une série d'exigences posées comme la dissolution du Conseil constitutionnel et de la Commission électorale, l'audit de la liste électorale, la libération des prisonniers politiques ou le retour des exilés.

Les organisations et partis politiques de l'opposition exigent : le retrait de la candidature de M. Alassane Dramane Ouattara pour se conformer ainsi à la Constitution qui lui interdit un troisième mandat ; la dissolution du Conseil constitutionnel en vue de la mise en place d'une juridiction véritablement impartiale ; la dissolution de l'actuelle Commission électorale indépendante...

Patrice Saraka du Cojep listant une série de revendications de l'opposition

Torpiller le scrutin

« La réforme du cadre institutionnel est un préalable à l'organisation de l'élection », a déclaré le porte-parole de la coalition de l'opposition, Patrice Saraka, de la Cojep (Coordination des jeunes patriotes). Cette coalition large regroupe GPS (Générations et peuples solidaires) de Guillaume Soro, les pro-Gbagbo d'EDS, la plate-forme CDRP (Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix) qui comprend le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) et plusieurs autres partis comme l'UDPCI (Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire) d'Albert Toikeusse Mabri notamment.

Il y avait pourtant un grand absent ce dimanche : Pascal Affi N’Guessan. Ce dernier comptait venir, jusqu’à ce que le PDCI lui signifie qu’il n’était pas invité. « L’unité de l’opposition doit être inclusive et ne saurait être une variable d’ajustement dans les agendas politiques de chacun d’entre nous », a réagi le candidat FPI qui indique qu’une rencontre avec Henri Konan Bédié est prévue sous peu.

L'opposition engage donc un bras de fer avec le pouvoir pour porter le débat sur le troisième mandat dans la rue et torpiller le scrutin si ses revendications ne sont pas satisfaites.

► À lire aussi : Présidentielle ivoirienne: l'opposition semble prête à s'unir

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