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RDC: des soupçons d'escroquerie autour de Transco, la société de transports en commun

A Kinshasa, un autobus de la compagnie Transco, société de transports en commun de la République démocratique du Congo.
A Kinshasa, un autobus de la compagnie Transco, société de transports en commun de la République démocratique du Congo. Junior D. Kannah / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En République démocratique du Congo (RDC), Transco, la société de transports national, est-elle siphonnée par ses dirigeants ? C’est ce que pointe, dans un rapport publié ce week-end, l’Observatoire de la dépense publique (Odep), une ONG congolaise.

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De notre correspondant à Kinshasa,  Pascal Mulegwa

Aujourd’hui, Transco, la société de transports en commun de la République démocratique du Congo, c’est une centaine de bus et à peine une dizaine de lignes. Mais selon l’Observatoire de la dépense publique (Odep), malgré la réduction du parc au fil des ans, l’État a continué de payer du carburant comme à ses débuts, en 2013, quand il y avait plus de 400 bus en activité.

L’ONG s’est intéressée aux passations de marchés, aux dotations en carburant comme aux questions de rémunération de ces agents. Ce rapport qui accuse les dirigeants d'escroquerie a été largement médiatisé. Il agace les dirigeants de la société qui estiment son contenu chimérique.

Cette mauvaise gestion est particulièrement visible dès le lancement de la société, selon l’Odep. À l’époque, le montant alloué mensuellement par le gouvernement à la société de distribution de produits pétroliers Cobil était de 900 000 dollars quand Transco n'en consommait que 300 000, explique l’ONG congolaise, se basant sur des documents internes et des témoignages d’agents de la société.

« Une escroquerie d’État »

Pour John Bongi, directeur général de la société, ces accusations ne tiennent pas debout. « Le carburant est géré sur la base d’un contrat entre le gouvernement et Cobil. On ne nous facture que ce qui est consommé. Transco ne gère pas les quantités physiques. L’Etat n’a jamais payé pour 500 bus, on paie les consommations réelles, les factures existent », explique-t-il. 

L’Odep demande des enquêtes et des poursuites judiciaires. Dans le viseur, deux anciens ministres des Transports. L’un d’eux, José Makila, devenu sénateur, est accusé d’avoir ordonné en décembre 2018 un emprunt de 910 000 dollars auprès d’une banque. Les fonds auraient été dépensés pour sa campagne électorale. Cette année-là, année électorale au Congo, la société s’est endettée pour plus de 8 millions de dollars sans pour autant avoir relancé ses activités. « Une escroquerie d’État », accuse l’Odep. Jose Makila, lui, s’est pour le moment refusé à tout commentaire, alléguant qu'il n'avait pas pris connaissance du rapport.

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