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Mali: l'ex-ministre de la Défense Bah N’Daw désigné président de transition

Le président de transition malien, Bah N'Daw, lorsqu'il était ministre de la Défense, le 28 mai 2014.
Le président de transition malien, Bah N'Daw, lorsqu'il était ministre de la Défense, le 28 mai 2014. HABIBOU KOUYATE / AFP
Texte par : RFI Suivre
9 mn

L'ex-ministre de la Défense, Bah N’Daw, a été désigné officiellement président de transition du Mali ce lundi à Bamako. La cérémonie de prestation de serment aura lieu le vendredi 25 septembre 2020.

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De notre envoyée spéciale à Bamako, Florence Morice

Le Mali connaît enfin l'identité de son président et de son Premier ministre de transition. L'ex-ministre de la Défense, Bah N’Daw, a été désigné ce lundi à Bamako président de transition du Mali par un comité mis en place par la junte au pouvoir depuis le putsch du 18 août, a annoncé le chef de cette junte, le colonel Assimi Goïta, à la télévision nationale.

C’est donc un colonel-major à la retraite qui dirigera cette transition au Mali. Le colonel et chef de la junte, Assimi Goïta, devient, lui, vice-président.

Le colonel-major Bah N’Daw est né en 1950. Il a derrière lui une longue carrière au sein de l’armée de l’Air. Et après avoir pris sa retraite, il avait exercé à partir de mai 2014 le poste de ministre de la Défense en remplacement de Soumeylou Boubèye Maïga.

Il a également déjà été autrefois aide de camp de Moussa Traoré, un poste duquel il avait démissionné.

« Ni vote, ni débat »

Le nouveau président est censé officier comme chef de l'État pendant plusieurs mois avant un retour des civils au pouvoir. La cérémonie de prestation de serment aura lieu le vendredi 25 septembre 2020.

La nomination de Bah N’Daw a d'ailleurs été faite par la junte, qui avait mis sur pied un collège qui devait être composé de 19 personnalités religieuses, politiques ou issues de la société civile, afin de désigner un président de consensus. Mais plusieurs sources au sein de ce collège, qui s’est réuni ce lundi, assurent qu’il n’y a finalement eu « ni vote, ni débat ».

« À l’arrivée des militaires, le communiqué qui allait être lu un peu plus tard à la télévision et dont vous venez d’entendre un extrait était déjà prêt », assure une source proche de l’imam Dicko. L’enjeu du huis clos aurait donc été seulement de valider le document. Ce n’est pas la version donnée par la junte.

Par ailleurs, si l’imam Dicko, considéré comme l’autorité morale du M5, était présent au sein de ce collège au titre de représentant religieux, le M5, en tant que tel, n’a pas participé à la réunion. Le mouvement tient d’ailleurs une rencontre de son comité stratégique ce lundi soir et devrait s’exprimer à ce sujet. Valideront-ils ce choix ou s’y opposeront-ils ? Ils doivent également échanger avec l’imam Dicko à ce sujet.

La Cédéao, qui avait donné jusqu’à demain à la junte pour désigner un président civil, n’a pas encore réagi. Mais selon nos informations, au cours de la réunion d’Accra, l’hypothèse d’un ancien militaire aujourd’hui civil comme c’est le cas de Bah N'Daw avait été évoquée sans soulever d’objection.

Chacune des parties a eu ce qu’elle voulait sans enterrer le choix de l’autre. C’est un civil et en même temps un ancien militaire.

L’analyse du sociologue Mahamadou Diouara sur la nomination de Bah N’Daw

La CMA présente dans le collège

En revanche, la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad) a finalement pris part au collège. C’est Sidi Brahim Ould Sidati, le président de la coordination, qui était présent au ministère de la Défense. Une présence qui fait suite au fait qu’un peu plus tôt dans la matinée, les ex-rebelles ont obtenu gain de cause sur ce qu’ils réclament depuis plus d’une semaine : une réunion de travail avec la junte. Ils souhaitent discuter des points qui posent problème, selon eux, dans la charte de la transition. Le rendez-vous est fixé à mercredi.

Ils insistent notamment pour que cette charte fasse explicitement référence à l’accord de paix d’Alger de 2015. Ils craignent que cet accord passe par pertes et profits à cause de cette transition. De son côté, la CMA se contente de prendre note de la désignation du colonel-major Bah N’Daw mais conditionne sa participation aux organes de la transition au résultat de la réunion de mercredi.

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