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Les victimes des crises politiques malgaches attendant leur réparation en colère

Sur les 2830 personnes qui se disent victimes des crises politiques de 2002 et jusqu'à la fin de la transition, la plupart d'entre elles résident à Antananarivo..
Sur les 2830 personnes qui se disent victimes des crises politiques de 2002 et jusqu'à la fin de la transition, la plupart d'entre elles résident à Antananarivo.. RFI/Sarah Tétaud
5 mn

Civils, militaires, opérateurs économiques, plus de 2 800 malgaches s’estiment victimes des crises politiques entre 2002 à 2013. Conformément à une loi de 2016, la moitié d’entre elles ont déjà demandé réparation en adressant un dossier au CFM, le Comité de réconciliation malagasy, chargé d’étudier les demandes d’amnistie ou de dédommagement. Mais en 4 ans, rien n’a bougé.

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De notre correspondante à Antananarivo,

Il est le président de la fédération des ex-détenus et victimes politiques de Madagascar et demande haut et fort, au nom de ses semblables, réparation. Le colonel Rabehavana a passé deux ans et demi en prison de 2007 à 2009 et a été condamné à 15 ans de travaux forcés avant d’être amnistié en 2011.

« Durant la crise de 2006 sous le régime de Ravalomanana, j’étais à la tête de revendications. Je dénonçais l’état délabré des militaires, des militaires mal vêtus, mal nourris. On a politisé ça et on m’a foutu en prison. Les préjudices que j’ai eus, c’est la séparation avec la famille, la suspension brutale de ma solde mensuelle, la perturbation de l’enseignement de mes enfants, les maladies attrapées durant la détention. »

►À lire aussi : Madagascar, la démocratie de crise en crise

En octobre 2014, le colonel dépose un dossier auprès du Comité de réconciliation malagasy, aussi appelé Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM). Il demande réparation financière pour les préjudices subis, en indiquant le montant réclamé, et réparation de carrière. Sans cet emprisonnement, il estime qu’il aurait dû atteindre le grade de général de division : « Depuis, on attend. J’ai demandé une audience, mais je n’ai jamais été reçu. On parle de réconciliation nationale, mais rien ne se passe, ils ne font rien ! »

Pas d’indemnités fixées par le gouvernement

Conscient du problème, Alphonse Maka, le Président du CFM, renvoie la critique au gouvernement : « Ce qu’on a déjà fait c’est récolter les informations, faire les investigations, sur la moitié des dossiers. Mais selon la loi, le CFM décide de l’indemnisation suivant les principes et modalités fixées par décret pris en conseil des ministres. Or, on ne connait pas jusqu’à présent les principes et modalités d’indemnisation puisqu’aucun décret n’est encore sorti jusqu’ici. »

Alphonse Maka rappelle qu’en août 2019, le Comité de réconciliation malagasy avait proposé au gouvernement deux avants projets de décrets, l’un pour définir ces fameux principes et modalités d’indemnisation, et l’autre sur la création du fonds national de solidarité, dans lequel seraient puisées les sommes à reverser aux victimes. Pour fonctionner, ce fonds devrait être inscrit dans la loi des finances. Jusqu’à présent, aucun budget n’a jamais été alloué à ce fonds. Et aucun des deux décrets n’a été signé.

Le CFM n’a statué sur aucun cas et pas le moindre centime de l’État n’a encore été versé. Aussi, les victimes sont montées au créneau pour faire entendre leur voix, alors même que les membres du CFM se réunissaient lundi en Assemblée générale.

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