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RDC: un responsable de la MIBA condamné dans l'affaire du vol de diamants

Mineur de diamant dans une mine abandonnée à Tshikapa dans la région du Kasaï, au centre de la RDC, le 29 juillet 2017.
Mineur de diamant dans une mine abandonnée à Tshikapa dans la région du Kasaï, au centre de la RDC, le 29 juillet 2017. JUNIOR D. KANNAH / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Il y a bien eu vol de diamant à la MIBA, la Societé minière de Bakwanga, qui exploite les diamants des Kasai pour le compte de l’État, actionnaire à 80 % de cette société. C’est ce qu’a reconnu la justice dans le procès dit du « Fancy Green ». Le responsable du centre de triage de la MIBA, seul accusé, Jean-Pierre Tshibangu Tshibangu, a été condamné à deux ans de prison pour avoir volé ce diamant vert, et à rembourser son prix, quelques dizaines de milliers de dollars, à l’entreprise minière. La société civile n’a appris la condamnation que ce jeudi 24 septembre. Le verdict de cette affaire très suivie avait pourtant été rendu le 18 septembre dernier, par écrit, en catimini.

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Avec notre correspondante à Kinshasa, Sonia Rolley

C’est l’issue improbable d’une procédure judiciaire rocambolesque où la partie civile, la MIBA, a démenti jusqu’au bout l’existence de ce diamant. Pour l’avocat des deux lanceurs d’alerte qui avaient dénoncé la disparition du Fancy Green, c’est une déception.

« Beaucoup de gens n'ont même pas l'information que le verdict a déjà eu lieu, déplore Me Trésor Katende. Le verdict est entre les mains du greffier et quiconque veut avoir la lumière là-dessus n'a qu'à partir au greffe. Chose que le petit peuple ne peut pas faire. Il fallait pour les juges se prononcer dans une audience publique. »

Pour le mouvement citoyen, la Lucha, cette condamnation est un pas dans la bonne direction. Mais on est loin d’une justice exemplaire, comme le dénonce l’activiste Nicolas Mbiya : « La vraie justice dans ce dossier aurait été la condamnation de Tshibangu Tshibangu à une peine très sévère de prison ainsi que ses complices, ses collègues qui travaillaient avec lui dans la centrale de triage. La deuxième chose devrait être l'établissement de responsabiltés en ce qui concerne les hauts responsables hiérarchiques ou les hauts responsables de la MIBA parce qu'ils ont été trop complaisants et trop négligents. »

Protection des lanceurs d'alerte

Le lanceur d’alerte et consultant, Claude Mianzuila, avait été arrêté et détenu plusieurs semaines. L’expert de la MIBA, François Sangani, qui avait confirmé ses dires et dénoncé le remplacement de milliers de pierres comme le Fancy Green pour des pierres de moindre qualité, a lui été licencié.

C’est déjà une grande satisfaction de voir qu’il y a enfin une condamnation après tout ce temps, après tout ce bruit.

Le lanceur d’alerte et consultant, Claude Mianzuila

La plateforme Le Congo n’est pas à vendre a appelé les autorités congolaises à protéger les lanceurs d’alerte comme Claude Mianzuila et François Sangani et à les rétablir dans leurs droits. Jusqu’ici, estime ce regroupement d’ONG, il y a très peu d’enquêtes et les lanceurs d’alerte sont plutôt criminalisés en RDC.

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