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RDC: beaucoup d’interrogations après l’incursion d’un groupe armé à Lubumbashi

Centre de Lubumbashi.
Centre de Lubumbashi. Wikimedia Commons CC BY-SA 2.5 Oasisk
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Comment des centaines de Maï-Maï ont-ils pu entrer dans Lubumbashi et pourquoi aucune force ne s'est opposé aux Bakata Katanga avant plusieurs heures ? Les questions ne manquent pas après l'incursion sanglante conduite par ces séparatistes katangais et ce alors que les autorités de Kinshasa se murent dans le silence.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Kamanda wa Kamanda

Pour de nombreux Lushois, il y a dysfonctionnement dans la hiérarchie de la police. L'adjoint du commissaire provincial qui est chargé des opérations et le responsable des renseignements ont été mis à l'écart depuis belle lurette, dénonce l'activiste des droits humains Timothée Mbuya.

Le militant associatif Georges Mawine, évoque, lui, l'insuffisance des effectifs déployés réellement sur le terrain dans le cadre des renseignements. Près de 1 600 policiers, selon lui, assurent la protection des sites miniers contre un paiement qui est mensuellement versé par les exploitants miniers au responsable de ce corps. Une activité très lucrative pour des responsables des forces de sécurité qui s'y adonnent, témoignent de nombreux autres Lushois.

Pas de commentaires des autorités

L'autre question posée est celle de l'identité même des assaillants du week-end dernier. Thierry Mukelekele, un habitué des maquis des Bakata Katanga, affirme la main sur le cœur que Gédéon Kyungu Mutanga n'est pas associé à cette aventure. Les insignes trouvés sur le terrain le prouvent, dit ce chargé de la communication de MIRA, le parti de Gédéon.

Selon lui, ayant désavoué au mois de mars ceux qui le manipulaient pour profiter de ses activités, le leader des Bakata Katanga serait aujourd'hui en négociation pour sa reddition. Gédéon Kyungu Mutanga aurait des révélations à faire, dit encore Thierry Mukelekele.

Contacté par RFI, le commissaire provincial de la police du Haut-Katanga n'a pas pour le moment donné suite à nos sollicitations. Reste que le bilan de l’attaque de samedi à Lubumbashi est très lourd : une vingtaine de morts, en grande majorité des assaillants, plusieurs policiers ont également été tués.

Comme vous voyez, les armes qui sont présentées sont des armes en quantité vraiment infimes. C’est plus ou moins 300 personnes qui sont venues, y compris femmes et enfants. Mais ces personnes ne détenaient pas plus de 100 armes. Ce sont des AK-47 [fusil d’assaut]. Maintenant, nous avons entendu des détonations d’obus, d’armes lourdes, ce qui veut simplement dire que la force qui a été utilisée a été disproportionnée. Les forces de l’ordre, avant de procéder à l’assaut, ont quand même donné une sorte d’injonction, ont demandé à ces insurgés de déposer les armes et de se rendre. Selon les informations que nous avons reçues, ils ont refusé de déposer les armes et de se rendre et malheureusement, ils ont procédé à la riposte. Mais ce qui est vrai, c’est que nous avons affaire à une armée moins professionnelle, parce que si notre armée était professionnelle, on pouvait facilement maitriser ces gens sans qu’il y ait autant de dégâts en vie humaine. C’est vraiment déplorable ce qui s’est passé.

Timothée Mbuya, le président de Justicia ASBL, une ONG basée à Lubumbashi

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