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Aide alimentaire d'urgence au Sénégal: un ministre refuse de s'expliquer

Mansour Faye (boubou jaune), le ministre du Développement communautaire et de l’Equité sociale, distribue l'aide alimentaire à Yenn, le 28 avril 2008.
Mansour Faye (boubou jaune), le ministre du Développement communautaire et de l’Equité sociale, distribue l'aide alimentaire à Yenn, le 28 avril 2008. Seyllou / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Sénégal, beaucoup de commentaires ce lundi 28 septembre après une déclaration du ministre du Développement communautaire et de l’Equité sociale. Mansour Faye, par ailleurs beau-frère du président, était chargé de l’achat et de la distribution de l’aide alimentaire d’urgence pendant la pandémie de Covid-19. Une aide de 69 milliards de francs CFA (plus de 105 millions d’euros). Mis en cause pour mauvaise gestion, il affirme qu’il ne répondra pas à une éventuelle convocation de l’Ofnac, l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption.

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Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

« Tout s’est déroulé dans les règles de l’art », assure le ministre. « Les contrats ont été signés en bonne et due forme, il n’y a aucun conflit d’intérêts ». Mansour Faye a défendu dimanche sur la radio RFM la gestion de l’aide alimentaire d’urgence.

L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption a pourtant reçu deux plaintes sur le manque de transparence autour du processus, notamment l’attribution des marchés de transport : l’une du mouvement FRAPP/France Dégage, l’autre du président du parti d’opposition FDS, le docteur Babacar Diop.

Mais Mansour Faye n’a pas l’intention de rendre des comptes. « Ces plaintes-là, je les ai suivies à travers les médias. Je n’ai pas été convoqué. Si l’Ofnac me convoque, je n’irais pas. Parce que l’Ofnac n’a pas vocation, n’a pas compétence pour convoquer un ministre. Si des responsables du ministère sont convoqués, il n’y a aucun problème, mais moi, en tant que ministre, je ne répondrai pas une convocation de l’Ofnac. »

L’Ofnac de son côté nous renvoie à la loi portant création de l’office. Le texte indique qu’il peut entendre « toute personne » présumée avoir pris part à des faits de fraude ou corruption dans le cadre de ses enquêtes. Cette position renforce donc la suspicion dans l’opinion. Mais le ministre Mansour Faye n’entend pas non plus se justifier auprès du Comité de suivi du fonds Force Covid-19, mis en place pour évaluer les aides accordées aux entreprises et ménages touchés par la pandémie. « C’est un comité de suivi », explique-t-il, « pas un comité d’audit ».

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