Normalisation avec Israël: les États-Unis montrent des signes d'impatience face au Soudan

Le Premier ministre soudanais Abdalla Hamdok.
Le Premier ministre soudanais Abdalla Hamdok. REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

La normalisation avec Israël, souhaitée par les États-Unis avant novembre prochain, date de l’élection présidentielle, ne se concrétise pas au Soudan. Ni la visite du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, en visite à Khartoum en août dernier, ni les discussions d’Abou Dhabi la semaine dernière, avec des responsables américains ne se sont avérées fructueuses.

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Les autorités soudanaises se disent soumises à de fortes pressions saoudiennes et émiraties afin d’accepter la normalisation avec Israël, mais Khartoum résiste, et oppose ses raisons. Le Soudan n’a pas obtenu l’aide urgente réclamée de 2 milliards de dollars pour sauver le pays de l’effondrement économique. Les discussions ont donc subi un coup de frein.

Le gouvernement provisoire d’Abdallah Hamdok préfère jouer la montre. N’ayant pas été élu, il ne peut faire face à la protestation populaire contre la normalisation avec Israël. « Je ne suis pas mandaté par la population pour prendre une décision d’une telle importance », avait fait savoir le Premier ministre soudanais à Mike Pompeo, en août dernier déjà.

Le Soudan mis devant le fait accompli

Le pouvoir soudanais a aussi le sentiment d’être mis devant le fait accompli. La normalisation souhaitée avec Israël ne faisait pas partie des conditions réclamées au Soudan pour rayer son nom de la liste noire. Elle y a été rajoutée une fois que Khartoum a accepté toutes les demandes américaines, comme les réformes politiques et des compensations de plusieurs millions de dollars pour les victimes des attentats de Nairobi et de Dar es Salaam en 1998, ainsi que celui de l’USS Cole au large du Yémen en 2000.

Si le Conseil souverain soudanais apparaît divisé sur la question, et les militaires au sein de ce Conseil semblent, eux, favorables à Israël, les plus importantes formations politiques, rejettent, elles, cette normalisation. Sadek al Mahdi, le chef du parti Oumma, a indiqué refuser « cette soumission et cette injustice qui n’a rien à voir avec la paix ».

La plus haute autorité religieuse du pays a interdit dans une fatwa la normalisation avec Tel Aviv. Seules trois petites formations y sont favorables, dont la branche mineure dirigée par Fadel al Mahdi, du parti Oumma.

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