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Côte d'Ivoire: le cacao s'invite dans la campagne présidentielle

(Illustration, décembre 2019, Côte d'Ivoire) La Côte d’Ivoire compte environ 1 million de producteurs et le cacao y fait vivre, directement ou indirectement, entre un quart et un tiers de la population.
(Illustration, décembre 2019, Côte d'Ivoire) La Côte d’Ivoire compte environ 1 million de producteurs et le cacao y fait vivre, directement ou indirectement, entre un quart et un tiers de la population. REUTERS/Thierry Gouegnon
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Ce jeudi 1er octobre a marqué le lancement de la campagne cacao 2020-2021 en Côte d‘Ivoire et au Ghana. C’est aussi ce jeudi qu’a eu lieu le lancement, à Yamoussoukro, des Journées nationales du cacao et du chocolat, rendez-vous annuel qui marque le coup d’envoi de la saison. L’occasion pour Alassane Ouattara, président du premier producteur mondial de cacao avec 2 millions de tonnes par an, d’annoncer, à moins d’un mois de la présidentielle, une forte augmentation du prix au planteur.

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La Côte d'Ivoire est le 1er producteur mondial de cacao, avec 40% du marché. Le cacao représente 10 % du PIB ivoirien, 40 % de ses recettes d'exportation, et fait vivre 5 millions de personnes, soit environ un cinquième de la population ivoirienne, selon la Banque mondiale. Le pays compte environ 1 million de producteurs, d’où l’intérêt pour tout candidat à la présidentielle de s’attirer leurs bonnes grâces.

Et le candidat Ouattara ne lésine pas sur les moyens. Après la prime de 400 dollars la tonne, négociée l’an dernier,  destinée au producteur, et qui entre en vigueur pour cette campagne 2020 2021, le gouvernement concède une forte hausse du prix d’achat, de 825 F à 1000F le kilo cette année, en « bord de champs », selon la terminologie employée, rapporte notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto.

Le conseil Café-Cacao a entériné la promesse, faite par le président Alassane Ouattara lors de sa récente visite dans la région de Moronou, une des plus riches en cacao, près de Yamoussoukro. Cette mesure est annoncée en pleine période électorale et en plein fief du PDCI de son adversaire Henri Konan Bédié.

Aussi quand Kobenan Kouassi Adjoumani, le ministre de l’Agriculture et directeur de campagne associé d’Alassane Ouattara s’adresse aux planteurs, c’est pour leur rappeler les échéances prochaines. « Le 31 octobre, vous serez appelés aux urnes ! Dieu merci, votre bienfaiteur est candidat, chers parents producteurs ! Pouvez-vous, solennellement devant lui aujourd'hui, prendre l'engagement de vous mobiliser comme un seul homme derrière lui ?! Acceptez-vous de voir le président Alassane Ouattara continuer à défendre les producteurs que vous êtes ?! »

Dans un milieu agricole réputé plutôt favorable au PDCI, l’enjeu est de taille. A la faveur de l’annonce du prix de cette année, Alassane Ouattara leur adresse aussi un message personnel. « Je vais vous dire que moi je suis votre ami, vous pouvez compter sur moi ! »

Le prix annoncé par le conseil Café-Cacao correspond au minimum demandé par le syndicat des producteurs. Celui-ci salue la décision, mais il espère davantage dans les années à venir, et surtout, déjà, que ce prix d'achat sera respecté tout au long de la récolte, ce qui n'est que rarement le cas.

Kanga Koffi est le président du syndicat des producteurs de cacao ANAPROCI, écoutez sa réaction au micro de François Mazet de la rédaction Afrique de RFI..

Le Ghana voisin, avec qui la Côte d’Ivoire coordonne sa politique du cacao, notamment en matière de prix, est soumis aux mêmes problématiques. Et aux mêmes échéances électorales. La présidentielle au Ghana c’est le 7 décembre prochain.

À lire aussi la revue de la presse africaine avec à la Une: le cacao de la discorde

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