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Soudan: vers la fin du conflit au Darfour, 17 ans après?

Un enfant soudanais se tient devant son abri au camp de Kalma (sud-Darfour) de l'ONU, le 9 mars 2014.
Un enfant soudanais se tient devant son abri au camp de Kalma (sud-Darfour) de l'ONU, le 9 mars 2014. AFP PHOTO/UNAMID/ALBERT GONZALEZ FARRAN
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Ce 3 octobre, doit être signé à Juba, au Soudan du Sud, un accord de paix historique entre le pouvoir soudanais et des groupes rebelles, qui met officiellement fin à près de 17 ans de guerre dans le pays. Un pré-accord a déjà été signé par toutes les parties fin août, où ont eu lieu les négociations pendant plus d’un an. Il s'agira donc de la signature officielle, théoriquement en présence de plusieurs chefs d’État de la région, de représentants de l’Union africaine et de l’organisation régionale Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement).

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Au total, plus d’une dizaine de mouvements armés, du Darfour, du Kordofan du Sud et du Nil Bleu seront présents. Parmi les signataires, on compte des factions importantes, tel que le SPLM-Nord (Mouvement populaire de libération du Soudan) de Malik Agar et Yasir Arman, ou le SLM (Armée de libération du Soudan) de Minni Minawi. Ces groupes se battent contre Khartoum depuis 17 ans.

Selon le principal point de ce texte, les groupes armés devront être démantelés en échange d’une participation dans le gouvernement et d’une intégration des combattants dans l’armée régulière. L’accord aborde également la question de la sécurité et de la justice, notamment avec la création d’une cour spéciale pour juger les crimes commis au Darfour.

Il prévoit par ailleurs le partage des ressources, l’accès à la terre, et enfin le retour de plus de 2 millions de déplacés sur leur terre. Au niveau national, le texte prévoit des sièges pour ces mouvements à l’intérieur du Parlement et du Conseil de Souveraineté, l’organe principal de la transition. Il inclut aussi un partage du pouvoir dans les institutions des régions où sont actifs les rebelles.

Un accord positif sur le papier

Il aura fallu près d'un an de négociation pour arriver à un texte commun tant la méfiance était profonde et les dossiers ardus. Deux mouvements armés importants ont cependant refusé de participer aux discussions mais n’ont pas complètement fermé la porte.

Il ne s'agit pas du premier accord de paix signé par Khartoum et les différents mouvements armés. Dans le passé, plusieurs accords ont déjà échoué. Mais selon l’avis d’observateurs politiques, cet accord-ci est plus inclusif et plus complet.

Il vise réellement à répondre aux demandes des populations marginalisées depuis l’indépendance du Soudan, avec des provisions comme la participation de ces mouvements rebelles aux institutions de la transition. Selon le chercheur Jean-Baptiste Gallopin, du European Council on Foreign Relations, sur le papier, l'accord est positif.

D'un point de vue politique, c'est quand même un accord assez étrange.

Accord de paix au Darfour: l'analyse de Jean-Baptiste Gallopin, chercheur spécialisé dans la politique soudanaise

Les autorités attendent donc une baisse de la violence. Selon l’ONU, une cinquantaine d’affrontements ont par exemple fait 115 morts depuis juillet dans la seule zone du Djebel Marra, au Darfour. Les humanitaires comme Amnesty International espèrent eux que la poursuite des criminels et la justice pour les victimes ne seront pas oubliées après les centaines de milliers de morts entraînés par les conflits soudanais.

►À lire aussi : Soudan: accord de paix historique paraphé entre gouvernement et groupes armés

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