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Guinée: la fermeture de frontières inquiète les électeurs

Affiche de campagne du président de la République Alpha Condé à l'entrée du centre-ville de Conakry, le 18 septembre 2020.
Affiche de campagne du président de la République Alpha Condé à l'entrée du centre-ville de Conakry, le 18 septembre 2020. RFI / Carol Valade
Texte par : RFI Suivre
3 mn

À quelques semaines de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020, la Guinée boucle ses frontières avec le Sénégal et la Guinée-Bissau. À Bissau, la décision paraît curieuse et surprend également plusieurs milliers d’électeurs guinéens enrôlés dans leur pays et vivant en Guinée-Bissau. Tous craignent d’être exclus du processus.

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Avec notre correspondant à Bissau, Allen Yéro Embalo

S’il est souvent commun qu’à l’approche des joutes électorales majeures, les frontières terrestres et aériennes soient fermées, cette fermeture des frontières ne concerne que deux pays sur les six qui entourent la Guinée. Cette annonce unilatérale de Conakry a provoqué la surprise, notamment car plusieurs Guinéens enrôlés dans leur pays d’origine et vivant en Guinée-Bissau sont bloqués sans possibilité de traverser les frontières. Ils craignent de ne pas pouvoir voter au scrutin présidentiel prévu le 18 octobre. 

C’est le cas de Morlaye qui attend depuis plusieurs heures une autorisation pour rentrer et voter dans son pays. « Le fait que la frontière soit fermée nous prend à la gorge. Franchement, nous sommes déçus. Nous sommes en train de voir de mener des démarches pour que nous soyons autorisés à voter ici à Bissau dans l’ambassade de Guinée ».

La Guinée et son voisin la Guinée-Bissau partagent 324 km de frontières communes. Des frontières poreuses où le passage d’un côté comme de l’autre peut se faire sans passer par une structure de contrôle.

« Nous sommes très déterminés pour voter en Guinée »

À Buruntuma, ville frontière bissau-guinéenne, des véhicules sont stationnés tout au long de la route de Sara Boido, la première localité guinéenne, sous l’œil vigilant des services de défense. Ces véhicules de transports attendent désespérément des passagers venus de Conakry.

Assis sous un manguier, Hady et une dizaine de ses camarades attendent eux aussi l’ouverture de la frontière. Ils envisagent de passer par la brousse si la frontière reste fermée. « Nous sommes entre 3000 et 5000 enrôlés dans nos villages d’origines. Nous sommes très déterminés pour voter en Guinée. Nous rentrons chez nous et rien ne peut nous en empêcher », explique-t-il.

Aucune réaction officielle encore, mais si la mesure se prolonge, elle peut largement perturber le marché bissau-guinéen fourni en produits de premières nécessités, en partie par Conakry.

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