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Demande d’asile en France: le Bénin suspendu de la liste des «pays d’origine sûrs»

Vue de Cotonou, Bénin.
Vue de Cotonou, Bénin. Wikimedia
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Cette décision a été prise fin septembre par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui statue sur les demandes d'asile en France, et a été publiée mardi. Elle est motivée, selon le président de l’Ofpra, par « la situation des libertés publiques et politiques dans ce pays ». L’organisme estime que le Bénin ne remplit plus la définition de ces « pays d’origine sûrs » et espère une amélioration dans les douze mois à venir.

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Depuis 2015, le Bénin faisait partie d’une liste de seize pays considérés comme « sûrs », en compagnie du Ghana, de Maurice, du Sénégal et du Cap Vert. Il est aujourd’hui le seul dont la situation est remise en cause.

L’Ofpra espère voir d’ici un an une amélioration de la situation des libertés publiques, alors que les autorités sont accusées de réduire l’espace politique, depuis les législatives d’avril 2019 suivies de fortes contestations, et à quelques mois de la présidentielle de 2021. Plusieurs opposants ont aussi été condamnés par la justice et ont quitté le pays, comme Sébastien Ajavon, exilé en France.

Pour Gérald Sadick, cette procédure de l'Ofpra aurait dû même arriver plus tôt : « Le conseil d'administration a un peu tergiversé. Dès l'an dernier, les documents internes, qui ont été soumis à l'Ofpra et à l'administration, montraient cet état de fait : le Bénin devait être retiré de la liste. Là, il n'est que suspendu provisoirement. En fait, ça fait plusieurs années que le Bénin devrait être radié de cette liste. »

À l’heure actuelle, malgré la présence du pays sur la liste des pays « sûrs » qui réduit en théorie leurs chances, un quart des demandeurs d’asile béninois sont jugés éligibles à l’asile par l'Ofpra. Un taux assez important. Cela permettra aux Béninois qui demandent l'asile d'avoir « une procédure non-tronquée » suite à la suspension du Bénin.

Cette décision est-elle « le résultat d’une auto-flagellation de nos compatriotes qui ne cessent de clamer partout que les libertés sont en recul au Bénin ? », s’est interrogé le porte-parole du gouvernement béninois. « Le Bénin reste un pays sûr », a affirmé ce mercredi aux médias locaux Alain Orounla, qui estime que l’Ofpra n’a « peut-être pas tous les éléments d’appréciation ».

Alain Orounla, porte-parole du gouvernement béninois: «C’est un État dans lequel les fauteurs de troubles rendent des comptes à la justice»

Cette décision a été publiée alors même que la Commission béninoise des droits de l’homme et des peuples remettait au président Patrice Talon son rapport annuel, saluant des « efforts », mais contenant aussi des recommandations pour améliorer la situation dans le pays. Recommandations que le chef de l’État a promis de « prendre en compte ».

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