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Nigeria: la présidence annonce la dissolution d’une unité contestée de la police

Un manifestant contre les violences policières à Ikeja proteste devant des policiers. le 9 octobre 2020.
Un manifestant contre les violences policières à Ikeja proteste devant des policiers. le 9 octobre 2020. PIUS UTOMI EKPEI / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Nigeria, après une semaine de protestation dans le pays, la présidence a acté la dissolution de la brigade de répression des vols (SARS), accusée de graves atteintes aux droits humains.

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Avec notre correspondante à Lagos, Liza Fabbian

Il n’aura fallu que quelques heures le week-end dernier pour que la jeunesse nigériane se mobilise massivement. D’abord sur les réseaux sociaux avec le hashtag #EndSARS, puis dans la rue, pour demander le démantèlement de cette unité spéciale de la police.

Dès le début, ce mouvement a bénéficié du soutien des stars de l’Afropop, qui lui ont donné un écho international. Les chanteurs Davido ou Wizkid ont largement relayé l’information. Ce dernier a même rejoint ce dimanche 11 octobre un rassemblement de soutien organisé à Londres.

Groupe d’enquête

Après une semaine de mobilisation, l’inspecteur général de la police nigériane a finalement annoncé le démantèlement de la brigade anti braquages, conformément aux demandes des manifestants. Mieux encore, le chef de la police promet la création d’un groupe d’enquête chargé de se pencher sur les « crimes commis par la police contre les citoyens », qui inclura la société civile.

« Tous les hommes qui travaillaient dans cette unité spéciale vont être redéployés avec effet immediat. Nous donnerons prochainement les détails concernant la réorganisation des forces policières pour lutter contre les braquages et les crimes violents. »

Des déclarations qui vont certes dans le sens des demandes de la société civile mais il faudrait encore que ces promesses se concrétisent. Car des réformes de la police avaient déjà été annoncées en 2017 et 2018 au Nigeria, sans jamais aboutir.

Chercheurs et activistes rappellent que la dissolution de la brigade controversée ne règle pas la question des violences policières au Nigeria, qui sont monnaies courantes, quelle que soit l’unité concernée. Sceptique, Amnesty International a réagi à cette annonce en rappelant qu’un jeune homme a été abattu ce samedi par la police nigériane, en marge d’une manifestation dans le sud-ouest du pays.

Lors d’un rassemblement de soutien de la diaspora, ce dimanche à Londres, le chanteur Wizkid a tout de même salué une victoire de la jeunesse de son pays. « Je veux envoyer un message pour tous les jeunes nigérians : votre voix a été entendue. C’est un nouveau Nigeria. Nous n’avons plus peur de parler ! A la jeunesse nigériane ! Ne laissez plus personne vous dire de vous taire ! »

Les Nigérians restaient mobilisés dimanche soir sur Twitter, pour demander cette fois « une réforme de leur police et « la fin des violences policières ».

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