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Madagascar: la future scission de la région du centre-est ne plaît pas à tout le monde

Sur la RN25, stèle indiquant les directions pour aller à Mananjary ou partir vers Manakara.
Sur la RN25, stèle indiquant les directions pour aller à Mananjary ou partir vers Manakara. RFI/Sarah Tétaud
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Madagascar, qui compte actuellement 22 régions, devrait en compter prochainement 23. L’une d’elles, la région du centre-est « Vatovavy Fitovinany » sera scindée en deux, si le Parlement ratifie le découpage que vient de proposer le président Rajoelina. Mais ce découpage ne convient pas à tout le monde. Et les raisons avancées pour justifier un tel changement, encore moins.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Cette agricultrice de brousse, en bordure du parc National de Ranomafana est circonspecte. « Je n’ai jamais entendu parler de cette séparation et personne n’est jamais venu nous demander notre avis là-dessus. Je me demande bien pourquoi, alors qu’on a toujours vécu ensemble, il faudrait se séparer. »

Et pourtant. Ce week-end, le président de la République, en déplacement dans la région Vatovavy-Fitovinany, a annoncé le futur découpage. Trois districts pour Vatovavy (Mananjary, Nosy Varika et Ifanadiana ; la ville de Mananjary serait alors le chef-lieu) et trois autres pour le Fitovinany (Manakara, Vohipeno et Ikongo ; la ville de Manakara continuerait donc d’être le chef-lieu d’une région cette fois rétrécie).

« Il ne s’agit pas de diviser des ethnies, il s’agit plutôt d’une division administrative dont l’objectif est d’accorder une chance de développement équitable pour les six districts, de mettre en place un système d’administration proche du peuple et de faciliter l’accès de la population à l’administration publique », a alors rappelé le président.

« Les entreprises sont parties (…) tout le monde a déserté »

Pour ce petit hôtelier d’Irondro, la nouvelle est bonne. Il espérait depuis longtemps être rattaché à Mananjary. « Pour dire vrai, ce n’est pas vraiment la distance qui était notre problème. D’ici à Mananjary c’est 60 km. Pour Manakara, c’est 101 km. Le vrai problème, c’est d’avoir vu le manque développement, de progrès, depuis qu’on a été rattachés à Manakara dans les années 2000. Ici, nous nous sommes appauvris, les entreprises sont parties s’installer vers Manakara, tout le monde a déserté. »

Toutefois, la scission en fait aussi hurler certains qui reprochent au chef de l’Etat de taire les vraies raisons derrière les délimitations. Aux enjeux d’accaparement de terres riches en minerais et produits de rente s’ajouteraient aussi des questions ethniques, affirment certains. « Le président ment quand il dit que ce n’est pas une question ethnique, et que c’est pour le bon développement des localités. Son cercle proche rode. Il s’agit d’une mafia qui veut s’approprier nos richesses et maintenir un lien de subordination entre ethnies. Ils ne nous considèrent pas, nous méprisent, et veulent que nous restions dans leur giron pour mieux nous asservir », explique un élu local, qui a préféré conserver son anonymat.

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