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Mali: qui sont les cadres jihadistes libérés en échange des otages?

Un camp de jihadistes repentis à Mopti dans le centre du Mali (Image d'illustration).
Un camp de jihadistes repentis à Mopti dans le centre du Mali (Image d'illustration). RFI
Texte par : David Baché
4 mn

La semaine dernière, plusieurs otages maliens et internationaux ont été libérés en échange de la remise en liberté de plusieurs centaines de détenus. Parmi eux, on retrouve des combattants qui ont participé à des attaques meurtrières contre l'armée malienne et deux personnalités considérés comme des cadres du GSIM, affilé à al-Qaïda au Sahel.

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[Erratum du 27/10/2020] Fawaz Ould Ahmed n’a pas été échangé lors de la libération des quatre otages comme indiqué dans cet article. Retrouvez plus d’informations dans l’article : Le jihadiste Fawaz Ould Ahmed bel et bien présent pour son procès à Bamako

Pour ces libérations, les discussions ont été âpres autour de certains noms comme celui de Fawaz Ould Ahmed. Avant d’être arrêté en 2016, ce Mauritanien a beaucoup agi. Cadre du groupe al-Mourabitoune, lié à Aqmi et fondé par Mokhtar Belmokhtar, celui que l’on surnomme « Ibrahim N°10 » fait partie en 2015 des assaillants du restaurant la Terrasse, à Bamako. Les armes à la main au départ, Fawaz Ould Ahmed devient ensuite organisateur : pour les attentats du Byblos à Sévaré, quelques mois plus tard, ou de Grand Bassam en Côte d’Ivoire, l’année suivante.

Pendant sa détention, il a aussi beaucoup parlé. Interrogé en 2018 par des enquêteurs français, il a livré de nombreux détails sur le fonctionnement des groupes jihadistes basés dans le nord du Mali et liés à Aqmi. À sa libération, a-t-il été accueilli par ses compagnons d’Aqmi en héros ou en traître ?

Autre nom cité de façon récurrente depuis la semaine dernière, celui de Mimi Ould Baba Ould Cheick. Arrêté au Mali en 2017 par la force française Barkhane, il est accusé d’être l’un des cerveaux des attentats de Grand Bassam et de Ouagadougou, au Burkina Faso. Pour ce dernier attentat, il a d’ailleurs été officiellement inculpé par la justice américaine au début de l’année. Un Américain avait, en effet, trouvé la mort dans cette attaque visant la capitale burkinabè en janvier 2016. Sa libération aurait constitué l’un des points de blocage qui ont fait durer jusqu’à la dernière minute les négociations.

Trois listes au total

Démenties par les uns, confirmées par les autres, ces deux libérations sont entourées d’un halo de mystère. Les négociateurs maliens ne veulent en aucun cas les confirmer. Mais une source haut-placée ayant eu accès aux différentes listes fournies par les jihadistes - trois au total - et aux coulisses des négociations est catégorique : par discrétion, les noms de Fawaz Ould Ahmed et de Mimi Ould Baba Ould Cheick n’apparaissent pas sur les listes. Mais ils ont bel et bien été libérés.  

Concernant les autres prisonniers libérés, toutes les sources sont unanimes : la majorité des personnes qui ont été sorties des prisons maliennes ne sont pas des cadres importants des groupes jihadistes. Reste que certains seraient impliqués dans des attaques d’envergure : les attentats qui ont visé des Occidentaux, mais aussi des attaques contre l’armée malienne. Comme celles, particulièrement meurtrières, de Nampala, en 2016 ou de Mondoro et Boulkessi, l’année dernière. Des attaques revendiquées par le GISM, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans, lié à Aqmi. 

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