Somalie: 79 tonnes d'acides saisies à Mogadiscio

Des officiers de sécurité somaliens sur les décombres d'une partie de l'hôtel Elite après l'attaques des shebabs, le 17 août 2020.
Des officiers de sécurité somaliens sur les décombres d'une partie de l'hôtel Elite après l'attaques des shebabs, le 17 août 2020. REUTERS/Feisal Omar

Les autorités somaliennes ont annoncé avoir mis la main sur une énorme quantité d’acide sulfurique. Dans un court message mercredi, les services de renseignements ont déclaré en avoir saisi 79 tonnes. Une marchandise qui était, selon Mogadiscio, à destination du groupe terroriste shebab. Les contrebandiers ont été arrêtés et seront traduits en justice a précisé l’agence NISA. Une saisie annoncée trois ans jour pour jour après l’attentat sanglant d’octobre 2017, lorsque l’explosion d’un camion piégé avait fait plus de 600 morts à Mogadiscio.

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Avec notre correspondant à Nairobi,  Sébastien Németh

Depuis des années, les shebabs font entrer en Somalie des produits leur servant à fabriquer des explosifs. L’acide sulfurique, par exemple, est un composant de la nitroglycérine, un explosif puissant détecté à plusieurs reprises sur les bombes islamistes.

Grâce à leur réseau, à la corruption, à la contrebande, les terroristes parviennent à récupérer la marchandise depuis les pays voisins. Mais comme ils ont infiltré les ports, le circuit passe aussi par la mer. En juin 2019, 700 sacs de nitrate d’ammonium avaient par exemple été retrouvés au large d’Oman, sur un bateau se dirigeant vers la Somalie.

Les terroristes n’hésitent pas non plus à détourner des produits arrivées légalement. En mars 2019, le MV Oriental Queen a livré 180 tonnes d’explosifs, 165 tonnes de nitrate d’ammonium et des détonateurs. La cargaison a été envoyée vers un chantier de construction d’une route et d’un port. Or les experts s’inquiètent des risques de détournements alors que, malgré l’embargo sur les armes, il n’y a pas de restrictions sur le transport d’explosifs commerciaux. Les négociants du port de Kismayo reconnaissent d’ailleurs vendre des fertilisants à des fermiers installés dans des zones sous contrôle shebab…

S’ajoute à cela la hausse des besoins du groupe armé, qui ne se contente plus, comme dans le passé, d’utiliser des équipements volés dans les stocks de l’armée. Les islamistes utilisent de plus en plus des engins explosifs actionnés à distance. Or on sait que depuis au moins 2017, ils en fabriquent eux-mêmes.

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