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Affaire Minembwe en RDC: le docteur Mukwege en colère contre les politiciens

À l’hôpital de Panzi, à Bukavu (Sud-Kivu), les victimes sont de toutes les communautés.
À l’hôpital de Panzi, à Bukavu (Sud-Kivu), les victimes sont de toutes les communautés. Sonia Rolley/RFI
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Malgré la décision du président Tshisekedi de suspendre l'installation de la commune de Minembwe, cette question continue de susciter de vives réactions au sein de la société congolaise. Reportage dans l'hôpital de Panzi à Bukavu.

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Avec notre envoyée spéciale à Bukavu,  Sonia Rolley

Cette commune située sur les hauts plateaux du Sud-Kivu avait été créée par un décret en 2013. C'est là que vit pour l'essentiel la communauté banyamulenge (congolais rwandophones), accusée par d'autres de ne pas être congolaise, de chercher à prendre des terres sur d'autres territoires ou voire même à balkaniser le pays.

Les milieux politiques à Kinshasa continuent de s’enflammer sur la question de l’existence ou non de la commune de Minembwe et les discours de haine se multiplient. Même si paradoxalement les violences ont diminué sur les hauts plateaux depuis le début de cette polémique fin septembre (lors de l'installation du maire, suspendu depuis, donc), le docteur Denis Mukwege s'inquiète du contenu des discours autour de cette question.

► Lire aussi : RDC: Minembwe assiégée, les raisons des violences sur les Hauts plateaux

Pour le prix nobel de la Paix, les politiciens à Kinshasa, toutes communautés confondues, cherchent à mettre de l'huile sur le feu. Et ce sont les populations locales qui en paient le prix.

Et si le docteur Mukwege visite ce matin-là le bâtiment qui accueille les victimes de violences sexuelles, c’est pour illustrer ce qu'il dit.

Uvira, Fizi, Mwenga, c’est sur ces territoires que sont situés les hauts plateaux du Sud-Kivu, et toutes les communautés comptent des victimes.

« Les politiciens de Kinshasa, s'ils pouvaient plutôt s'occuper de ces problèmes au lieu de passer leur temps à faire passer des discours de haine qui provoquent des violences supplémentaires. Au début, nous n'avions pas de victimes qui venaient des hauts plateaux de Minembwe. Aujourd'hui, on en a. »

Les victimes ont toutes les mêmes histoires. « J'ai eu des problèmes de viol, dit cette jeune fille. Je ne les connais pas, c'était des soldats, ils étaient en uniformes. C'était le 30 juillet. » Dans l’est du Congo, militaires comme groupes armés portent souvent le même uniforme, ce qui empêche d’identifier les auteurs de violences sexuelles.

Les populations, toutes communautés confondues, aspirent à rentrer chez elles. Ce dont discutent ce moment même les autorités congolaises et la Mission des Nations unies au Congo, comme l’explique Karna Soro, chef du bureau de la Monusco à Bukavu.

Sur place, la situation n'a pas autant dégénéré que ça et que bien au contraire, les populations aspirent à profiter de la saison pluvieuse pour rentrer chez elles et pouvoir se prendre en charge. La situation est extrêmement critique du point de vue humanitaire et toutes les populations de la zone, que ce soient celles qui sont sur Minembwe, sur Bijombo vous parlent d'abord de vouloir rentrer chez elles. Sur les deux derniers mois, le niveau de violences a baissé.

Karna Soro

À noter que la situation humanitaire est particulièrement préoccupante à Bijombo, une localité enclavée des hauts plateaux, accessible uniquement à pied ou par hélicoptère. Là-bas, 7000 déplacés se sont réfugiés autour d’une base de la Monusco, ils manquent de tout. L’armée congolaise et les casques bleus ont dû organiser des escortes pour leur permettre d’aller dans leurs champs et éviter de mourir de faim.

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