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Mali: à Farabougou, la médiation s'active pour desserrer l’étreinte des jihadistes

Combattants jihadistes au Mali. (Illustration).
Combattants jihadistes au Mali. (Illustration). STRINGER / AFP
Texte par : David Baché
3 mn

C'est le quinzième jour d’isolement pour les habitants de Farabougou, au Mali. Ce village de la région de Ségou, dans le centre du pays, est encerclé par des combattants jihadistes qui y interdisent tout accès. La destruction d’un pont, ce weekend, isole encore un peu plus les habitants, tandis que le manque de nourriture se fait sentir sur place. Pendant ce temps, les tentatives de médiation menées par des notables de la zone, élus locaux et chefs traditionnels, connaissent des avancées.

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Les combattants qui encerclent Farabougou se présentent eux-mêmes comme des jihadistes. Mais en l’occurrence, selon plusieurs membres de la médiation mise en place pour obtenir la levée du siège, ils accusent surtout certains habitants bambaras de Farabougou, d’avoir tué plusieurs membres de la communauté peule. Le dernier en date étant un jeune berger, retrouvé mort au début du mois dans son champ.

L’attaque de Farabougou, il y a deux semaines, qui aurait coûté la vie à au moins six villageois et fait neuf disparus, puis le blocus du village, sont donc présentés comme des représailles. Des accusations de collusion avec les groupes terroristes d’un côté, avec l’armée malienne et les chasseurs traditionnels dozos de l’autre, des tensions intercommunautaires qui se superposent : le scénario est tristement classique.

Des excuses ont été présentées et acceptées

Pour mettre un terme à la situation, les médiateurs locaux ont dépêché deux émissaires, et des excuses ont été présentées aux familles des victimes peules qui ont, après une période de réflexion, accepté ces excuses.

« Les positions ont été rapprochées, et les contacts facilités via des intermédiaires, il s’agit maintenant que des représentants de Farabougou rencontrent directement, en tête à tête, les jihadistes », explique une source au sein de l’équipe de médiation, qui confie encore : « c’est trop lent et ça ne nous satisfait pas, mais nous sommes optimistes. » Et de faire remarquer que, du fait de la médiation en cours et de l’engagement intense des personnes impliquées, le blocus se poursuit mais les violences ont cessé.

L’armée malienne, présente dans la zone, est sur le qui-vive. Lundi, elle a pu livrer par avion un premier stock d’aide alimentaire aux habitants de Farabougou.

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