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Reportage

RDC: à Mikenge, les communautés s’accusent de soutenir les groupes armés

Près de 3000 déplacés banyamulenge sont encore réfugiés près de la base de la Monusco à Mikenge. Ils dépendent des FARDC et de l’ONU pour leur sécurité.
Près de 3000 déplacés banyamulenge sont encore réfugiés près de la base de la Monusco à Mikenge. Ils dépendent des FARDC et de l’ONU pour leur sécurité. Sonia Rolley/RFI
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Sur les hauts plateaux de Minembwe, on trouve des milliers de déplacés, réfugiés près des bases de la Mission des Nations unies au Congo et sans assistance internationale. Ils sont près de 3000 à Mikenge, pour l’essentiel des Banyamulenge et ils disent avoir subi de nombreuses attaques.

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Avec notre envoyée spéciale à Mikenge,  Sonia Rolley

À Mikenge, les déplacés disent avoir été attaqués une vingtaine de fois et connaître leurs assaillants. Philemon Chiza, l’un de leurs représentants, raconte la dernière attaque en juillet. « Je vais vous montrer par où ils sont venus. Les Maï-Maï sont venus de là, de cette montagne, par ce chemin. Ils sont entrés dans le camp, ont tiré. La Monusco a essayé de défendre. Des militaires ont été blessés. » L'homme dit connaître ces Maï-Maï : « Oui, ce sont des gens d'ici, de ce village. Le garçon qui a perdu sa vie ici, son père est toujours là. »

Dans les villages voisins habités par les communautés rivales des banyamulenge, on dément faire partie des groupes maï-maï. Un jeune Mufulero accuse plutôt les déplacés d’abriter des rebelles banyamulenge ou même de détenir des armes. « C'est dans des petites bicoques qui se trouvent là. » Comment savait-il que les armes se trouvaient là ? « On les vues quand les FARDC ont ramassé les armes. »

Les différentes communautés continuent de fréquenter le même marché à Mikenge. Les Banyamulenge sont escortés au village par les FARDC. Près de 3000 déplacés banyamulenge sont encore réfugiés près de la base de la Monusco à Mikenge. Ils dépendent des FARDC et de l’ONU pour leur sécurité. 

Qui est le colonel Makanika ?

Sur les hauts plateaux de Minembwe, il y a un nouveau visage qui fait beaucoup parler de lui. Il s’agit du colonel Michel Rukunda, dit Makanika, un déserteur de l’armée congolaise qui contrôle aujourd’hui une partie des groupes armés banyamulenge. Sa présence a été signalée à près d’une vingtaine de kilomètres du camp de déplacés de Mikenge.

Jusqu’en janvier 2020, les Banyamulenge avaient pour les défendre les Gumino, un groupe armé banyamulenge, et les Twirwaneho, des milices d’autodéfense. Le colonel Makanika semble surtout être revenu sur les hauts plateaux pour reprendre en main les Twirwaneho qui peinaient jusqu’ici à protéger leurs parents comme leurs troupeaux.

Le colonel Makanika, c’est un ancien de l’AFDL, la rébellion de Laurent Désiré Kabila, mais il fait partie des officiers banyamulenge qui se sont retournés contre le parrain rwandais et qui ont voulu les chasser du territoire. C’est aussi l’un des fondateurs des Gumino, un groupe avec lequel il ne semble plus avoir de contacts aujourd’hui. Les partisans de Makanika assurent qu’il protège non seulement les Banyamulenge mais aussi des Bafulero. Témoignages.

On a été attaqué par un groupe armé dirigé par Makanika. Il fait des massacres, il tue, il viole, il fait beaucoup de violences.

Le colonel Makanika, ex-FARDC, entré en rébellion

Le ministre de la Décentralisation a été entendu par l’Assemblée nationale.

En cause, l’installation de la commune de Minembwe fin septembre qui fait polémique depuis. Des députés ont accusé Azarias Ruberwa d’utiliser sa position pour faire avancer les intérêts de sa communauté, les banyamulenge, des tutsis rwandophones mal perçus par les autres communautés du Sud-Kivu, dans une zone qui compte de multiples groupes armés. Il a insisté sur le fait qu’il était venu sur demande de son collègue de la Défense et que c’était le ministre provincial de l’intérieur et non lui qui avait installé cette commune comme d’autres, même si cette décision a été suspendue depuis par le président Tshisekedi.

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