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Madagascar: les sénateurs dénoncent un blocage de leur budget par l'exécutif

Madagascar, le 20 octobre 2020: seuls une dizaine de sénateurs étaient présents à l'ouverture de la session ordinaire du Sénat. Ces derniers dénoncent un blocage d'une partie de leur budget par le ministère de l'Economie et des Finances.
Madagascar, le 20 octobre 2020: seuls une dizaine de sénateurs étaient présents à l'ouverture de la session ordinaire du Sénat. Ces derniers dénoncent un blocage d'une partie de leur budget par le ministère de l'Economie et des Finances. RFI/Laetitia Bezain
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A Madagascar, un nouveau bras de fer est engagé entre le Sénat et l'exécutif. Alors que s'est tenue hier, mardi, la cérémonie d'ouverture de la session ordinaire du Parlement, la chambre haute dénonce un blocage d'une partie de son budget par le ministère de l'Economie et des Finances. Une tension qui intervient quelques semaines après l'opposition du Sénat à la date fixée par le gouvernement pour l'élection sénatoriale le 11 décembre. Une élection qui réduira le nombre de sénateurs de 63 à 18. Cette réduction prise par ordonnance par le président de la République, Andry Rajoelina, a aussi été contestée par la plupart des membres de la chambre haute, dernier bastion du HVM, parti de l'ancien régime.

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avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

C'est face à des sièges de sénateurs quasi-vides que le Président de la chambre haute a procédé à la cérémonie d'ouverture de la session ordinaire.

La veille, le bureau permanent avait prévenu que « la session parlementaire auprès du Sénat sera compromise » à défaut de moyens financiers. Un budget pourtant inscrit dans la loi de Finances s'indigne Rivo Rakotovao, le président de cette institution.

« On doit engager ce qui a été écrit dans la loi mais le ministère est en train de bloquer. Pour quelles raisons ? Ce n'est pas pour toutes les institutions mais seulement pour le Sénat. Pour moi c'est un abus de pouvoir. Par exemple, le remboursement des frais médicaux des sénateurs et des employés ici, le ministre des Finances le bloque. Si on est malade, si on va à l'hôpital, on n'est même pas reçu par l'hôpital parce que je ne peux pas signer. On n'a pas l'argent. »

Le ministre des Finances qui s'est rendu à l'ouverture de la session de l'Assemblée nationale n'a pas fait le déplacement pour celle du Sénat. Alors que les parlementaires doivent examiner et voter notamment la loi de finances 2021, le manque de budget pourrait empêcher les travaux des sénateurs laisse entendre Rivo Rakotovao, qui est aussi le président du HVM, parti de l'ancien régime.

« A mon avis, c'est l'objectif du pouvoir exécutif. On fait comme si c'était l'institution le problème alors qu'en fait, pour eux, ce n'est pas l'institution le problème mais les hommes et les femmes qui sont là, qui les gênent quelque part. Donc quid de la démocratie et de la République ? C'est une institution ! »

Boycott des élections sénatoriales

La Chambre haute a saisi le conseil d'Etat pour contester ce blocage de budget.

Cette tension intervient quelques semaines après l'opposition du Sénat à la date fixée par le gouvernement pour l'élection sénatoriale le 11 décembre. Le mandat des sénateurs actuels court jusqu'en février 2021. Par ailleurs le nombre de sénateurs est réduit de 63 actuellement à 18. Cette réduction prise par ordonnance par le président de la République Andry Rajoeli,na, a aussi été contestée par la plupart des membres de la chambre haute, dernier bastion du HVM, parti de l'ancien régime.

À lire aussi : A Madagascar, l'opposition intente un recours auprès de la HCC sur la réforme du Sénat 

Le HVM du président sortant Hery Rajaonarimampianina et le parti TIM de l'ancien chef de l'Etat, Marc Ravalomanana ont déjà fait savoir qu'ils boycotteront les sénatoriales du 11 décembre.

À lire aussi : A Madagascar, les aprtis d'opposition et certains élus boycottent les élections sénatoriales

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