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RDC: le colonel Makanika, bête noire des FARDC et des groupes Mai Mai

RDC, octobre 2020 : entre Minembwe et Mikenge, des maisons brûlées. Des dizaines de milliers d’habitants des hauts plateaux ont été contraints de quitter leurs foyers depuis un an et demi.
RDC, octobre 2020 : entre Minembwe et Mikenge, des maisons brûlées. Des dizaines de milliers d’habitants des hauts plateaux ont été contraints de quitter leurs foyers depuis un an et demi. RFI/Sonia Rolley
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En République démocratique du Congo, le bilan est toujours incertain après de violents affrontements, mardi 20 octobre, entre les Maï Maï Biloze Bishamboke et les hommes du colonel Makanika, au nord-ouest de Minembwe. Il y aurait eu entre 10 et 20 morts selon les sources, et plusieurs villages ont été brûlés.

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avec notre envoyée spéciale à Minembwe, Sonia Rolley

Ce sont sans doute les affrontements les plus graves depuis ceux de Kipupu. L’armée congolaise accuse Michel Rukunda, dit Makanika, déserteur issu de la communauté banyamulenge, d’être à l’origine de cette attaque, comme d’autres, y compris contre des militaires congolais. Le colonel Makanika est devenu leur bête noire, comme celle de tous les groupes Maï Maï issus de communautés rivales.

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Sur les affrontements de ce mardi, comme sur les précédents, le colonel Makanika assure n’avoir agi qu’en légitime défense. Il accuse les Maï Maï Biloze Bishambuke d’avoir attaqué des Banyamulenge et leur bétail à Rubanda et se pose comme le seul défenseur de sa communauté. « L’armée congolaise n’a pas rempli sa mission de protéger la population. Elle est complice avec des malfaiteurs Mai Mai, pour chasser les Banyamulenge, tuer et voler leurs biens. Je n’ai pas supporté ce qui se passait chez moi. C’est pourquoi j’ai quitté l’armée des FARDC », nous explique t-il.

Pour le porte-parole des FARDC au Sud Kivu, le capitaine Dieudonné Kasereka, le colonel Makanika doit être pourchassé et jugé. « Il a retourné ses armes contre les Forces armées de la République démocratique du Congo... Il est considéré comme un rebelle, comme un déserteur et doit être traité comme tel ! Un officier supérieur de l'armée qui dit qu'il va défendre une communauté, ça ne passe pas !! »

Des sources au sein de l’armée assurent que l’attaque de ce mardi était planifiée et non provoquée. Elles évoquent des réunions de préparation et des déplacements de Twirwaneho, les milices d’autodéfense banyamulenge aujourd’hui dirigées par le colonel Makanika.

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