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Divergence entre le Mali et la France concernant le dialogue avec les jihadistes

Jean-Yves Le Drian lors de son séjour à Bamako où il s'est rendu pour la première fois depuis le coup d'État du 18 août.
Jean-Yves Le Drian lors de son séjour à Bamako où il s'est rendu pour la première fois depuis le coup d'État du 18 août. REUTERS/Paul Lorgerie
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian achève aujourd'hui une visite de 48 heures. Plusieurs conventions de coopérations ont été signées, mais des divergences sont apparues entre Paris et Bamako. Elles concernent la question de possibles discussions avec les groupes jihadistes.

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Avec notre correspondant à Bamako, Serge Daniel

Que ce soit avec le président Bah Ndaw, le vice-président, ou encore le Premier ministre malien, le ministre français des Affaires étrangères a manifesté le soutien et la solidarité de Paris à la transition politique malienne. « Cette solidarité de la France s'exprime bien sûr dans le domaine du développement et redressement économique du pays, et je me réjouis de la signature des conventions importantes. Au total, c'est un effort de solidarité de la France de 150 millions d'euros en faveur d'actions du développement du Mali. »

À tous ces interlocuteurs, il a cependant rappelé que la France, comme la Cédéao, encourage au respect du délai de la transition dix-huit mois, et à l’application de l’accord de paix d’Alger. Par ailleurs, pour lui, la lutte contre le terrorisme va se poursuivre.

Les yeux derrière ses lunettes, le ministre français des Affaires étrangères prête attention à une question de la presse sur un possible dialogue avec des groupes jihadistes dans le nord du Mali.

Jean-Yves Le Drian bondit plutôt : « Disons les choses très clairement. Il y a des accords de paix. Il faut mettre en œuvre les accords de paix. Ce sont les accords de paix qui font la paix, martèle Jean-Yves Le Drian. Ils ont été validés par un certain nombre de signataires, dont des groupes armés signataires. Et puis, il y a les groupes terroristes qui n’ont pas signé les accords de paix. Les choses sont simples. »

Pas sur la même longueur d'ondes

À ses côtés, le Premier ministre malien Moctar Ouane, l’une des chevilles ouvrières de la transition politique, emmitouflé dans un boubou traditionnel, est plus nuancé.

« Je crois également utile sur cette question de me faire l’écho des conclusions du Dialogue national inclusif qui a eu lieu chez nous et qui a très clairement indiqué la nécessité d’une offre de dialogue avec ces groupes armés, rappelle le dirigeant malien. Je pense qu’il faut voir en cela une opportunité d’engager de vastes discussions. » Sur le sujet d’un possible dialogue ou non avec les jihadistes du nord du pays, Paris et Bamako ne sont donc pas totalement sur la même longue d’onde.

Par ailleurs, Moctar Ouane souhaite que la collaboration aille plus loin sur le terrain aux bénéfices des populations. « C'est important de neutraliser les groupes terroristes, mais il est tout aussi important de secourir et sécuriser nos populations, mais aussi de favoriser le retour de l'État dans les zones où il a pu être absent. »

Après Bamako, le ministre français s'est envolé pour Brazzaville.

►À écouter aussi : Le débat africain - Mali : faut-il négocier avec les jihadistes ?

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