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Niger: un ressortissant américain enlevé à Massalata

Massalata, à 400 km à l’est de Niamey près de la frontière avec le Nigeria.
Massalata, à 400 km à l’est de Niamey près de la frontière avec le Nigeria. Studio graphique FMM
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Un ressortissant américain, Philip Walton, a été enlevé dans le sud du Niger durant la nuit de lundi à mardi par six assaillants venus à pied.

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Avec notre correspondant au Niger, Moussa Kaka

Le ressortissant américain qui a été enlevé était installé depuis un an dans le fief de Massalata, non loin de la frontière avec le Nigeria.

Selon le gouverneur de la région de Tahoua, Abdourahamane Moussa, ce sont six assaillants venus à pied et armés de AK-47 qui l’ont enlevé. En pénétrant dans son jardin, les assaillants lui ont réclamé de l’argent. Selon le chef du village de Massalata, le ressortissant américain n’avait que 20 000 francs CFA (30 euros) sur lui. Après quelques hésitations, ils l’ont enlevé et sont repartis en direction de la frontière du Nigeria située à moins d’un kilomètre.

Sitôt alertés, les éléments de la police des frontières se sont mis aux trousses des assaillants. À l’heure actuelle, on ne sait pas où se trouve le ressortissant américain et ses ravisseurs. Dans son jardin à Massalata, la police de Birni Nkonni, a pu retrouver le reste des membres de sa famille, son frère, son épouse et leur petite fille, sains et saufs, mais traumatisés. Les deux premiers avaient été ligotés. Selon le chef du village, aucun coup de feu n'a été entendu. Non loin de là, se trouve la compagnie mobile des gardes frontaliers et leur 265 hommes.

Il y avait dans la nuit six hommes qui sont venus à pied et ils sont enlevé mon fils, Philip Walton. Ils ont cherché de l’argent dans la maison, mais il n’y avait pas assez d’argent. Il n’y avait que quelque 20 000 francs [CFA ndlr]. Suite à cela, ils sont partis avec lui. Ils parlaient haoussa entre eux, et ils essayaient de parler haoussa avec Philip. Ils connaissaient quelques mots d’anglais comme "sit down" et "give money". C’est comme ça qu’ils ont fait. Ils étaient tous les six armés. Maintenant, ils ont été en contact avec les gens de l’ambassade américaine et ils vont faire une annonce par La Voix de l’Amérique [le média américain aussi appelé Voice of America ndlr] avec un numéro pour que les gens appellent s’ils ont des informations.

Le père du ressortissant enlevé raconte les circonstances du rapt

De source bien informée, les kidnappeurs ont appelé Bruce Walton pour discuter du montant de la rançon. Ce dernier est en effet installé dans la petite ville de Birni Nkonni, à la frontière avec le Nigeria, depuis dix-sept ans. Il y élève des chèvres et des vaches, et fabrique du fromage.

Philip Walton, 27 ans, est né au Québec selon le gouverneur de la région de Tahoua. Il aurait récemment rejoint son père. L'année dernière, il achète avec sa femme un petit terrain à cinq kilomètres de la ville, en périphérie du village de Massalata. Seul village animiste d'une région où sévissent des bandes armées qui pillent et rançonnent les populations rurales. Ils y construisent une maison et s'y installent avec leur petite fille. Il s'occupe de son jardin, pratique l'agriculture et l'élevage. Aucune autre activité ne lui est connue pour l'instant.

La zone Nkonni, frontalière de l'État nigérian de Sokoto, vit une insécurité de plus en plus grandissante. Les rapts contre raçon sont légion.

Selon un décompte officiel, cinq autres otages internationaux ainsi que des dizaines de Sahéliens restent détenus au Sahel.

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