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Algérie: première prière collective dans la grande mosquée d'Alger

La Grande mosquée d'Alger, le 27 octobre 2020.
La Grande mosquée d'Alger, le 27 octobre 2020. AFP/Ryad Kramdi
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Initiée par l'ancien président Abdelaziz Bouteflika, la grande mosquée d'Alger dont la construction s'est achevée il y a un an et demi, célèbre ce 28 octobre la première prière collective à l'occasion de la fête de Mawlid, qui commémore la naissance du prophète Mahomet.

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La monumentale grande mosquée d'Alger possède un minaret qui culmine à 267 mètres, le plus haut du monde, mais également 43 étages desservis par des ascenseurs panoramiques, une grande salle de prière pouvant accueillir jusqu'à 120 000 fidèles, un intérieur orné de six kilomètres de calligraphies, de bois nobles, de marbre ou encore d'albâtre mais également des tapis bleu turquoises aux motifs floraux. La mosquée, qui s'étend sur une superficie de 27,5 hectares, se veut être la troisième plus vaste mosquée au monde et la plus monumentale d'Afrique.

« Cette mosquée, rivalise avec les grands monuments du monde musulman, comme la mosquée Hassan II, explique Brahim Oumansour, chercheur associé à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) spécialiste du Maghreb. Cet édifice est destiné à donner symboliquement de la grandeur au pays, avec une ambition de promouvoir un islam algérien, voire maghrébin, qui rivaliserait avec les courants rigoristes venus du Moyen-Orient ou soutenus par les pays du Moyen-Orient ».

La grande mosquée d'Alger se compose aussi de douze bâtiments indépendants, parmi lesquels une immense bibliothèque qui pourrait accueillir un million de livres. Cinq imams et cinq muezzins auront pour mission de travailler sur les fatwas afin de les harmoniser avec la vie en Algérie. L'objectif est de « combattre les radicalismes religieux et laïcs », assure le théologien Kamel Chekkat.

Critiques

Elle est destinée « à lutter contre la radicalisation, en mettant en place des imams et aussi des chercheurs qui vont promouvoir un islam qu’on appelle toujours l’islam des lumières ou modéré, contre cet islam rigoriste, qui est aussi un enjeu géopolitique, parce que l’islamisme en particulier fait partie de la diplomatie religieuse, poursuit Brahim Oumansour. C’est un jeu d’équilibre entre, à la fois accepter la promotion de la sphère religieuse, pour pouvoir mieux encadrer, pour mieux lutter contre l’extrémisme religieux. En même temps, on prend le risque que la sphère religieuse déborde sur la vie privée, sur le politique même ».

Cette mosquée construite par une entreprise chinoise qui a fait venir un grand nombre de ses ouvriers aura coûté plus de 750 millions d'euros au contribuable algérien. Ce qui n'est pas sans susciter des critiques dans ce pays où le taux de chômage dépasse les 10%. La construction de cette mosquée est « entachée par les scandales de corruption », rappelle Brahim Oumansour. « Plusieurs Algériens regrettent que les dépenses, le coût énorme de la construction de cette mosquée, ne soit pas investi pour la construction d’usines ou d’hôpitaux », explique le chercheur.

► À lire aussi : Algérie: la construction de la Grande mosquée d'Alger critiquée

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