Otages au Mali: les conditions financières et matérielles des libérations se précisent

Sophie Pétronin et Soumaïla Cissé le chef de l'opposition malienne sont accueillis à leur arrivée de l'aéroport international de Modibo Keita de Bamako, le 8 octobre 2020.
Sophie Pétronin et Soumaïla Cissé le chef de l'opposition malienne sont accueillis à leur arrivée de l'aéroport international de Modibo Keita de Bamako, le 8 octobre 2020. Michele Cattani/AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Cette fin de semaine, dans un enregistrement présenté comme des aveux et diffusé par plusieurs médias algériens, un jihadiste de nationalité algérienne élargi au Mali dans le cadre de la libération de Soumaïla Cissé, Sophie Pétronin et des deux Italiens, et qui a été arrêté fin octobre dans son pays, fait des révélations. II affirme que les otages ont été libérés contre notamment le paiement d'une rançon de 30 millions d'euros. À Bamako, on parle aussi désormais d'argent versé tout au long du processus qui a abouti à la libération des otages.

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avec notre correspondant à Bamako, Serge Daniel 

Peu après l’enlèvement du chef de l’opposition malienne Soumaïla Cissé, fin mars dernier, un contact a été établi avec les ravisseurs. Par écrit, dans un document authentifié dont nous avons obtenu copie, ils ont demandé pour le libérer notamment la somme de 2 millions d’euros et la libération de combattants jihadistes détenus dans des prisons maliennes.

Mais quelques semaines après, les autorités de Bamako ont changé de canal de négociations et adressé ce message aux ravisseurs : désormais, non seulement nous voulons la libération de Soumaïla Cissé, mais aussi celle de la Française Sophie Pétronin et de deux otages italiens.

Les enchères vont rapidement monter. Finalement les quatre otages auraient été libérés contre la paiement d’une rançon de 30 millions d’euros et la libération de 207 jihadistes. Du moins c’est qu’affirme un des jihadistes libérés et récemment arrêté dans son pays d'origine l’Algérie.

À Bamako, de source proche des négociations, on ne conteste plus trop ces chiffres. « Oui, de l’argent a circulé avant, pendant et après les libérations », confie une source proche du dossier.

Autres détails : on sait désormais qu’un véhicule flambant neuf a été acheté à un des médiateurs pour se rendre dans le désert. On sait aussi que pour les premières preuves de vie des otages italiens, une importante somme a été réclamée et obtenue. Enfin, une autre source proche du dossier a également entendu parler de demande de rançons de 30 millions d’euros. Mais elle ajoute : il reste à savoir combien de millions d’euros sont réellement arrivés à destination ?

À lire aussi : Au Mali, dans les coulisses de la libération des otages, d'âpres négociations

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