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Cameroun anglophone: les 11 enseignants libérés, dernier hommage aux écoliers tués

Des élèves, parents et professeurs lors d'une manifestation à Kumba, le 25 octobre 2020, après une attaque meurtrière dans une école dans cette ville du Cameroun anglophone (image d'illustration).
Des élèves, parents et professeurs lors d'une manifestation à Kumba, le 25 octobre 2020, après une attaque meurtrière dans une école dans cette ville du Cameroun anglophone (image d'illustration). REUTERS/Josiane Kouagheu
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Au Cameroun, les enseignants de l'école presbytérienne enlevés à Kumbo ont été libérés jeudi 5 novembre à la mi-journée, selon le cabinet du gouverneur de la région du nord-ouest anglophone. Une libération qui intervient alors que l'enterrement des enfants assassinés dans leur école de Kumba, le 14 octobre dernier, avait lieu dans la matinée dans le sud-ouest anglophone.

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Les onze enseignants de l'école presbytérienne de Kumbo étaient détenus depuis mardi 3 novembre, date à laquelle ils avaient été enlevés pendant les heures de classe. Selon le président de la Presbyterian Church, le révérend Samuel Fonki, les ravisseurs étaient des séparatistes qui ont relâché les professeurs sous la pression de la société civile et religieuse, sans aucune contrepartie financière.

Toujours selon lui, les professeurs sont en bon état de santé. Ils n'ont été ni battus, ni malmenés. Si un doute persistait depuis mardi sur le nombre de personnes détenues, le révérend affirme que ce sont bien 11 prisonniers qui sont rentrés chez eux ce jeudi.

► À lire aussi : Les attaques contre des écoles se multiplient dans les régions anglophones du Cameroun

Joseph Dion Nguté et plusieurs membres du gouvernements présents pour les obsèques des huit écoliers

Au même moment, la population de Kumba, dans le sud-ouest, rendait un dernier hommage à ses enfants. Les obsèques des huit écoliers tués le 24 octobre dernier dans une salle de classe par des hommes armés avaient lieu dans la matinée.

Le Premier ministre, Joseph Dion Nguté, et plusieurs membres du gouvernement étaient présents. Dans un communiqué diffusé mercredi soir, le gouvernement condamnait « les actes terroristes  qui cherchent à dissuader les parents d'envoyer les enfants à l'école ».

Dans ces régions anglophones, l'Unicef estimait en novembre 2019 à 855 000 le nombre d'enfants non scolarisés. Le représentant de l'ONG internationale dans le pays Jacques Boyer, s'inquiète des conséquences de ces attaques sur la scolarisation des enfants de la région, où la grande majorité des enfants n'ont pas accès à l'école :

Ces enfants sont traumatisés et on besoin d'un accompagnement psychologique pour faire évacuer autant que faire se peut le traumatisme. L'Unicef a pu apporter un appui immédiat le jour même à certains enfants qui avaient été témoins des atrocités commises dans cette école. Au-delà de cela, les conséquences de ces attaques pourraient être que certaines écoles vont fermées et peut-être que certains parents vont avoir des réticences à envoyer leurs enfants à l'école.

Jacques Boyer

► Lire aussi : Cameroun: le cardinal Tumi enlevé dans le nord-ouest

Alors, comment faire pour que les enfants de ces régions puissent reprendre sereinement le chemin de l'école ? Illaria Allegrozzi, chercheuse auprès d'Human Rights Watch.

La responsabilité d'assurer que les enfants puissent aller à l'école dans un environnement sûr revient aux autorités camerounaises [...] Il faudrait renforcer le dispositif sécuritaire dans les villes et villages des régions anglophones qui sont affectées par les violences. Pour cela, les forces de sécurité devraient davantage récolter les informations auprès de la population, renforcer la confiance qui a été fragilisée à cause des multiples exactions.

Illaria Allegrozzi

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