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Madagascar: les inquiétudes du secteur minier

La mine de saphir de Ilakaka-Sakaraha à Madagascar (image d'illustration).
La mine de saphir de Ilakaka-Sakaraha à Madagascar (image d'illustration). Getty Images/Lihee Avidan
Texte par : RFI Suivre
3 mn

À Madagascar, pour la première fois de l’histoire du secteur minier malgache, les représentants des grandes mines et des exploitations artisanales, régulièrement opposés, se sont assis autour de la même table. L’objectif : discuter de la sortie de crise crise induite par le coronavirus, mais aussi s’opposer à la réforme du code minier, dont la nouvelle fiscalité pourrait plomber le secteur déjà morose.

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Avec notre correspondante à Madagascar, Laure Verneau

Un taux de chômage technique entre 60% et 80% selon les entreprises, la destruction de milliers d’emplois induits par l’exploitation minière... le coronavirus n’a pas épargné le secteur minier malgache. Jean luc Marquetoux, le président de la Chambre des mines, tire la sonnette d’alarme : « La principale mine du pays est à l'arrêt depuis le mois de mars 2020. On estime que l'impact sur le secteur minier de la pandémie se chiffre par un manque à gagner de l'ordre de 40 à 60 millions de dollars par mois. »

Sous l'effet conjugué de facteurs exogènes comme la contraction de la demande internationale et la baisse des cours des métaux, mais aussi endogènes - les mesures de confinement - les recettes et contributions escomptées du secteur minier national seront très affectées, non seulement pour l'année 2020 mais également pour celles à venir.

Autre inquiétude : la réforme du code minier, en vigueur depuis 2005, qui vise à alourdir la fiscalité minière, parait peu opportune aux opérateurs économiques qui s’inquiètent de la dégradation de la compétitivité de Madagascar en tant que destination privilégiée des investissements directs étrangers. Initiée par le ministre des Mines et des ressources stratégiques en novembre 2019, le processus, interrompu au plus fort de la période d'état d'urgence et de confinement, a repris il y a quelques semaines. Jean Luc Andrianjafy, le président de la Fédémines, appelle le gouvernement à l'aide : « On n'a pu travailler en janvier-février : c'est la saison des pluies. Fin mars, le confinement est tombé et il a été seulement levé fin septembre et là, on a seulement les mois d'octobre et novembre... Décembre ça va être [à nouveau] la saison des pluies. Comment voulez-vous qu'on paye encore à plein pot les frais de l'administration minière ? »

D’après les statistiques officielles, les mines ne représentent qu’un peu moins de 5% du PIB national. En 2006, les recettes à l'exportation générées par les produits miniers se chiffraient à 40 millions de dollars constitués essentiellement par la chromite, le graphite, le mica et les pierres précieuses et semi précieuses. Les mines constituent 60% des recettes en devises de Madagacar et 30% des recettes fiscales.

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