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reportage

Soudan: dans le camp d'El Hashaba, trois médecins pour 15 000 réfugiés éthiopiens

Des réfugiés éthiopiens rassemblés à Qadarif, dans l'est du soudan, le 15 novembre 2020.
Des réfugiés éthiopiens rassemblés à Qadarif, dans l'est du soudan, le 15 novembre 2020. AP Photo/Marwan Ali
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Fuyant une guerre fratricide en cours depuis début novembre, de plus en plus d’Éthiopiens se réfugient au Soudan voisin. En moins d’une semaine, 25 000 réfugiés sont arrivés au Soudan (agence SUNA). Pour le moment, ils s’entassent à quelques kilomètres de la frontière, dans le village d’El Hashaga. La grande majorité sont Tigréens. Certains n’ont pas franchi la frontière indemnes.

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Avec notre envoyé spécial au camp d'El Hashaba,  Eliott Brachet

Assis sur une paillasse, Miniam, un Tigréen de 45 ans, se fait ausculter par un médecin. Un pansement lui recouvre le front. Il a l’œil gonflé et de multiples hématomes. « Je suis arrivé à Mai-Kadra deux jours après le massacre, explique-t-il. Des jeunes gens s’affrontaient encore. On m’a frappé avec des pierres et roué à coups de bâton. »

On nous emmène un peu plus loin dans une clinique de fortune. Hailé, 18 ans, a le t-shirt tâché de sang, déchiré par endroit. Sa main gauche est criblée d’éclats de grenade, il a perdu deux doigts à la main droite. « J’étais avec mon troupeau dans un champ. Tout le monde fuyait les combats. Des Amharas ont jeté une grenade dans ma direction. J’ai fui. Puis je me suis évanoui. »

Le docteur Darielo nettoie les morceaux de doigts déchirés et applique un nouveau bandage. « Suite aux combats entre les milices et les militaires, des délinquants ou des jeunes sans travail se sont divisés à leur tour sur des questions ethniques. Ils ont commencé à s’entretuer. C’est vraiment stupide. »

Le docteur Darielo est l’un des trois seuls médecins dans ce camp de 15 000 personnes. Il n’est pas au bout de ses peines. La guerre se poursuit dans son pays, il sait que les réfugiés vont continuer d’affluer.

► Lire aussi : Réfugiés au Soudan, des rescapés du massacre de Mai-Kadra témoignent

Depuis le 4 novembre, l’armée fédérale a pris d’assaut la région du Tigré pour mater les forces du Front de libération du peuple du Tigré. Accusée par les Tigréens d’intervenir dans le conflit, l’Érythrée a été frappée samedi par plusieurs roquettes. Le TPLF a revendiqué l’attaque. Le conflit se régionalise. Dans l’ouest du pays, des hommes armés ont attaqué un bus tuant au moins 34 passagers.

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