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Sénégal: la jeunesse en colère face aux drames de l'émigration

Une centaine de personnes ont défilé samedi 21 novembre à Dakar pour marquer leur préoccupation vis-à-vis de l'émigration clandestine.
Une centaine de personnes ont défilé samedi 21 novembre à Dakar pour marquer leur préoccupation vis-à-vis de l'émigration clandestine. © Charlotte Idrac/RFI
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Une marche en hommage aux victimes de l’émigration clandestine était organisée samedi 21 novembre après-midi à Dakar par des associations réunies dans le collectif baptisé « 480 », en référence au nombre de migrants décédés en mer en une semaine, fin octobre, selon l’ONG Alarm Phone. Une centaine de personnes a défilé en silence pour appeler les autorités et les citoyens à réagir. 

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Avec notre correspondante à Dakar,  Charlotte Idrac

Lamine Biaye porte un tee-shirt noir, et en blanc, les inscriptions : « #480, Dafa Doy », ce qui signifie « ça suffit ! », traduit-il. « On n'arrive pas à dormir. je suis là avec un ami. Deux jours après, on me dit qu'il est mort. Dafa doy quoi ! »

Cet étudiant de 20 ans en lettres et sciences humaines débat souvent avec ses amis sur cette question de l’émigration. « Parfois, on s'assoit, comme ça et certains le disent : on n'a pas de travail. Ils veulent réussir, coûte que coûte. »

► Lire aussi : Migration: le «cas Doudou» remue le Sénégal

Dans le cortège, on rencontre aussi Djiby Bah. Il dirige une association d’artisans du secteur informel. Pour lui, tant de drames auraient pu être évités. « Comment se fait-il que pendant quinze jours ou un mois, on construise une pirogue et on amène les gens, au bord d'une plage... L'État ne contrôle pas. »

Les autorités ont promis de renforcer les contrôles et la surveillance sur le littoral. Après des critiques sur son silence, le président Macky Sall a aussi annoncé, lors du dernier conseil des ministres, la création d’un conseil national pour l’insertion et l’emploi des jeunes. Aïda Niang, du collectif 480, demande à voir. « C'est un premier pas, mais nous attendons en réalité le contenu, dit-elle. Nous nous sommes rendus compte que la question de l'immigration n'est pas seulement un manque d'emplois. il faudrait que les gens puissent se retrouver autour d'une table, que l'on puisse faire l'état des lieux. »

Face à la recrudescence du phénomène, la ministre espagnole des Affaires étrangères est arrivée samedi soir au Sénégal pour des discussions avec son homologue et le chef de l’État.

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