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Élections au Burkina Faso: dans certaines régions, des bureaux de vote sont restés fermés

Malgré la menace sécuritaire, les électeurs burkinabè ont voté pour élire leur président et leurs députés le 22 novembre 2020.
Malgré la menace sécuritaire, les électeurs burkinabè ont voté pour élire leur président et leurs députés le 22 novembre 2020. © AP Photo/Sophie Garcia
Texte par : RFI Suivre
8 mn

Les Burkinabè se rendaient  aux urnes, hier, dimanche 22 novembre, pour les élections présidentielle et législatives. Le vote s’est déroulé dans le calme sur l’ensemble du territoire. Même si plusieurs bureaux de vote n’ont pas ouvert suite à la menace sécuritaire. 

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Avec notre correspondant au Burkina Faso, Yaya Boudani

Le président de la Céni a déclaré que des difficultés ont été constatées sur le terrain, notamment le problème sécuritaire dans certaines localités de l’Est et du Sahel. Dans la Tapoa, dans la région de l’Est, 224 bureaux de vote n’ont pas ouvert sur un total de 335. C’est dans cette province que des groupes d’hommes armés ont menacé de représailles les populations de plusieurs villages si elles se rendaient aux urnes. « On a dit à des populations que celui qui plonge son doigt dans l'encre indélébile peut dire adieu à son doigt » a souligné Ahmed Newton Barry.

Fermeture avant l'heure

Des bureaux de vote ont fermé avant l’heure prévue, suite à des menaces. C’était le cas à Markoye, dans la région du Sahel. Quant aux  populations de Tin-Akoff, elles n’ont pas voté. Aucun bureau n’a ouvert dans cette commune. Le matériel de vote et les agents électoraux  n’ont pas été déployés sur place. Même scénario dans la région du Centre-Est où des bureaux sont restés fermés.

À présent s'ouvre le moment de la compilation des résultats. Pour ces élections couplées, environ 10 000 observateurs nationaux et internationaux, selon la Céni, étaient déployés sur le terrain, dont les 3800 observateurs de a Convention des organisations de la société civile pour l'observation domestique (CODEL) des élections qui rassemble 19 organisations de la société civile burkinabè. Pour Lydia Zanga, secrétaire exécutive de la CODEL, le vote s’est globalement déroulé dans le calme mais elle relève d’importantes difficultés logistiques notamment. 

Il y a par exemple des bulletins de vote qui ont été intervertis pour les législatives.

Elections au Burkina Faso: Lydia Zanga, secrétaire exécutive de la CODEL, relève d'importantes difficultés logistiques

Environ 300 000 personnes n’ont pas pu voter

Dans la région du Nord, l’absence, ou l’arrivée tardive, des forces de sécurité dans certains bureaux a été signalée. Selon la Céni, ce sont environ 300 000 personnes qui n’ont pas pu voter suite à cette menace sécuritaire.

De vrais problèmes logistiques, mais le vote se poursuit...

Le film de la journée du 22 novembre

Une première pour les Burkinabè de la diaspora

Pour la première fois, les Burkinabè de l’étranger ont eu la possibilité de voter dans une vingtaine de pays pour les élections présidentielle et législatives, dans l’ambassade ou les consulats de leur lieu de résidence. En Côte d’Ivoire, où trois lieux de vote ont ouvert à Abidjan, Bouaké et Soubré, les organisateurs du scrutin ont salué « une journée historique » et les électeurs ont voté dans le calme, satisfaits de pouvoir jouir de leurs droits civiques. Toutefois, par manque d’information, ou de motivation, ou encore pour des raisons administratives et financières, seuls 5 493 Burkinabè sont inscrits sur les listes électorales, sur une population de plusieurs millions.

Devant la douzaine de bureaux de vote installés dans l’ambassade du Burkina Faso en Côte d’Ivoire, on apercevait quand même de longues files d’attente, rapporte notre correspondant à Abidjan, François Hume-Ferkatadji. Certains électeurs avaient revêtu des pagnes en Faso Dan Fani, le tissu traditionnel burkinabè. Dicko Amédou Diamaré, lui, avait épinglé un pin’s aux couleurs du drapeau national sur le revers de sa veste. Il est arrivé dès 6h du matin pour être le premier votant de la journée. « C’est très important pour moi car il y a longtemps qu’on n’a pas eu cette occasion, a-t-il déclaré. Les Burkinabè de l’étranger, c’est la première fois qu’ils votent en Côte d’Ivoire. Je suis venu pour faire mon devoir civique ».

Comme la plupart des votants, son principal souhait pour le pays est le retour de la paix et de la sécurité. Lequel des 13 candidats en lice est le mieux placé pour réussir ce défi ? « Mon candidat reste dans mon cœur, c’est un secret. Ça se trouve dans les urnes maintenant », dit Dicko Amédou Diamaré en riant.

Représentant de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et chargé de l’organisation du scrutin en Côte d’Ivoire, Abdoulaye Tiendrébéogo balaye du regard le grand jardin de l’ambassade et égrène les points de satisfaction. « Influence, bonne ambiance, motivation, joie. Ce jour restera à jamais gravé dans l’histoire de notre marche vers la démocratie parfaite », affirme-t-il.

Toutefois, le chemin est encore long avant que tous les Burkinabè de Côte d’Ivoire, de loin la plus grande communauté à l’extérieur, puissent participer au jeu démocratique de leur pays. 5 493 personnes uniquement étaient inscrites sur les listes électorales consulaires. Or, on compterait entre 3 millions et demi et 5 millions de Burkinabè en Côte d’Ivoire,  selon les estimations. Plus de 99% d’entre eux n’ont donc pas voté, dont le plus connu : l’ancien président Blaise Compaoré, exilé en Côte d’Ivoire après avoir été déchu en 2014, alors qu’il régnait sur « le pays des hommes intègres » depuis 27 ans.

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