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Reportage

Burkina Faso: les électeurs entre inquiétude et impatience avant l’annonce des résultats

À la mairie du 4e arrondissement de Ouagadougou, il reste les urnes rapportées des bureaux de vote vides et les cartons qui ont servis d’isoloirs pour le scrutin du 22 novembre 2020.
À la mairie du 4e arrondissement de Ouagadougou, il reste les urnes rapportées des bureaux de vote vides et les cartons qui ont servis d’isoloirs pour le scrutin du 22 novembre 2020. © Paulina Zidi/RFI
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Deux jours après le double scrutin présidentiel et législatif au Burkina Faso, la Commission électorale a repris la proclamation commune par commune des résultats. Une publication contestée par l’opposition. Ce qui a conduit à une montrée de tension électorale. Une situation que les Burkinabè suivent de près, notamment à Ouagadougou.

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De notre envoyée spéciale à Ouagadougou,

« Crise post-électorale », le mot est lancé lundi soir sur les plateaux des grandes chaines de télévisions du pays. Et ce mardi, ce sont les journaux qui reviennent en Une sur la mise en garde de l’opposition et sur les désaccords qui divisent la Commission électorale. Dans les rues de Ouagadougou, en revanche, aucun signe de tension. La vie a repris son cours, les affiches ont quasiment disparu des murs et l’animation est la même que tous les mardis.

À la mairie du 4e arrondissement, il reste les urnes rapportées des bureaux de vote vides et les cartons qui ont servis d’isoloirs. Dans les allées, chacun vaque à ses occupations. Pourtant, cette période post-électorale s’invite rapidement dans les conversations. Et pour certains comme Awa, la situation est plutôt préoccupante : « On dit qu’il y a des fraudes, si c’est le cas, on n’aura pas des résultats fiables et les gens peuvent se soulever, ça peut occasionner de l’insécurité. »

Pour Edmond, un éleveur de 27 ans, c’est effectivement le risque majeur : « On veut des résultats acceptés pour tous sinon ça va créer des crises et des complications. J’ai peur que la population sorte dans la rue. Il faut qu’il règle cela entre eux. »

« Plus il y a de suspense et plus il y a d’incertitude »

Oumarou, lui, est étudiant. Il a 25 ans et dimanche il a même tenu un bureau de vote. Lui, ce qu’il n’aime pas c’est cette attente : « On attendait les résultats plus tôt pour passer à autre chose. Plus ça dure, plus il y a de suspense et plus il y a d’incertitude. »

La présidentielle du 22 novembre au Burkina Faso s'invite dans les discussions dans les terrasses de café à Ouagadougou, le 24 novembre 2020.
La présidentielle du 22 novembre au Burkina Faso s'invite dans les discussions dans les terrasses de café à Ouagadougou, le 24 novembre 2020. © Paulina Zidi/RFI

En fin d’après-midi sur la terrasse d’un café du centre-ville, en face du théâtre national, la présidentielle reste au centre des discussions. « Moi, je voulais pas la bagarre, explique Maxime, nous on ne veut que la paix. » Un constat que partage Madi assis à ses côtés. Pour lui, l’absence d’une partie des membres de la Céni, ceux dits de l’opposition qui ont suspendu leur participation dans la journée, n’est clairement pas une bonne chose. « Ça dérange quand même, ça dérange. Il y a déjà des plaintes, ça veut dire qu’il y a un manque de clarté quelque part et ça ce n’est pas très intéressant. »

« On les appelle à s’entendre avant que le feu ne prenne la maison »

La Céni a donc annoncé qu’elle allait poursuivre ses travaux à 10 commissaires au lieu de 15 relançant le processus de validation des résultats qui était suspendu depuis ce lundi après-midi. Oumarou, un artiste qui travaille au théâtre situé en face, suit avec inquiétude cette situation. Il pense véritablement que cette attente post-électorale est une période charnière : « Ce sont dans les petits détails que naissent les guerres en Afrique à partir des élections. Au lieu de continuer le travail le travail à 10, ils auraient dû trouver un consensus parce que tous politiciens sont fautifs. C’est eux qui ont créé le problème et c’est eux qui vont être des sapeurs-pompiers plus tard. Donc comme nous, on ne veut pas être leurs victimes, on les appelle à s’entendre avant que le feu ne prenne la maison. »

Un peu plus loin sur la même terrasse de café, Daouda temporise. Pour lui, il n’y a pas de raison que l’on retourne pas au consensus : « Pour les irrégularités relevées, ce sont des questions d’ordre technique et que dans le consensus politique, je pense qu’ils pourront trouver un compromis. Donc moi, je ne suis pas inquiète par rapport à cela. »

Tous sont suspendus à l’annonce des résultats et leur publication au compte-gouttes par la Céni.

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