Accéder au contenu principal

En RDC, le difficile accès à la justice pour les femmes victimes de viols

La Cour suprême de Justice à Kinshasa, en RDC.
La Cour suprême de Justice à Kinshasa, en RDC. RFI/Habibou Bangré
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La RDC est un des pays où le viol des femmes est souvent utilisé comme une arme de guerre. Selon un rapport des Nations unies de 2019, le pays a enregistré 900 victimes de viol, dont la plupart ont été recensées dans la partie Est du pays en proie aux conflits armés.

Publicité

De notre correspondante à Lubumbashi, Denise Maheho

« J’ai moins de 18 ans et l’homme a 33 ans. Un jour le jeune homme m’a pris de force et maintenant je suis enceinte. Aujourd’hui sa famille m’a jetée dehors. Moi-même, je ne peux pas saisir la justice car je n’ai pas d’argent », témoigne une jeune fille qui a préféré gardé l’anonymat. Accueillie à la clinique juridique de Lubumbashi après avoir subi un viol il y a quelques mois, elle vient chercher assistance afin de saisir la justice.

Dans le Haut-Katanga, plus au sud de la RDC, quelques 315 cas de viol ont été enregistrés selon les statistiques officiels au cours des deux premiers mois de cette année. À Lubumbashi, la clinique juridique est l’unique structure qui accompagne les victimes devant les instances judiciaires. Il y a quelques années, elle aidait 100 victimes par an. Aujourd’hui, elle ne peut en suivre que 20, faute de financement.

Des frais de justice conséquents

Un problème de taille d'autant que dans ces affaires, les magistrats exigent des frais allant parfois jusqu’à 1 000 dollars, une somme bien supérieure aux moyens financiers des victimes.

 « Il faut confirmer la plainte, il faut acheter des papiers. Quand un magistrat doit descendre sur le terrain pour aller revivre la reconstitution des faits, il demande toujours des frais. Le non paiement de ces frais-là met parfois le magistrat dans la position inconfortable de demander aux parties de trouver un compromis », raconte Me Thimothé Mbuya, responsable de la clinique juridique.

Interrogé sur la situation, le procureur du parquet général de Lubumbashi, Leon Kuminga, a condamné ces pratiques illégales et a déclaré avoir mis en garde les magistrats contre la corruption.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.