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Madagascar: regards croisés sur le Covid-19

Le photojournaliste Mamy Rael, devant son «Mendiant du premier jour du confinement».
Le photojournaliste Mamy Rael, devant son «Mendiant du premier jour du confinement». © Sarah Tétaud / RFI
Texte par : RFI Suivre
3 mn

À l’occasion du mois de la photo, le festival SAR’nao (« photo de toi » en malgache) propose une exposition photo itinérante à travers 4 villes de l’île. Le regard croisé de deux photographes, l’un de la capitale, l’autre du Grand Sud, qui durant toute la pandémie ont capturé des instants de vie « bouleversée » de leurs compatriotes. RFI a rencontré les deux artistes.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Rues désertes, défilé militaire masqué, ramasseurs de bois suffoquant derrière leur cache-bouche, écoliers espacés sur les bancs de l’école, marchands ambulants en quête de clients.

Montrer le Covid autrement que par des malades et des centres de soins surchargés. Montrer la vie quotidienne qui a perdu de sa normalité. Mamy Rael, photojournaliste à L’Express de Madagascar, l’un des quotidiens nationaux du pays, a fait de la rue, du trottoir, son terrain de jeux et propose une série de clichés bruts, sans phare, comme celui-ci.

« Cette photo je l’ai appelée " Mpangataka, andro niatombohan’ ny fihibohana ", ce qui veut dire " Mendiant au premier jour de confinement " . C’était le 23 mars. On voit cet homme mendier sur le trottoir, mais il n’y a personne. Il porte un sac à dos complètement déchiré, à ses mains des gants tricotés. Il fait un peu froid. Il porte aussi un masque, mais non pas un masque chirurgical ou en tissu comme on voit en ce moment. C’est un bout de tissu qu’il a accroché à ses oreilles pour masquer son nez et sa bouche. Quand je vois cette photo, ça me touche un peu parce qu’il n’est pas conscient de ce qu’il se passe ; il cherche toujours des sous pour se nourrir, mais il ne comprend pas que personne ne va passer. La vie s’est arrêtée là. »

Dave Fangitse, lui, habite Ihosy, dans le sud de l’île. Le photographe a immortalisé le paysannat rural, ceux-là même qui n’ont pas cru au coronavirus, qui se sont rebellés contre le port du masque, et qui n’ont eu d’autre choix, comme le dit l’artiste, que de « subir la vie et affronter la pandémie ».

« D’une manière générale, les gens souffrent beaucoup là bas, de la température, de la sécheresse liée au changement climatique. Ça diminue la production agricole. Avec l’arrivée la pandémie, ça a vraiment exagéré la situation. C’est vraiment une double peine. »

L’exposition a démarré cette semaine dans la capitale Antananarivo. La soixantaine de clichés est à contempler jusqu’à ce week-end dans l’enceinte de la Direction des arts de la culture et vie communautaire à Tsimbazaza. Cette exposition itinérante – comme un voyage à travers le pays et une pandémie aux impacts variés – est à retrouver à Ihosy, Tamatave et Majunga jusqu’à fin décembre.

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