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Mali: nomination massive de militaires à la tête des régions

Le chef de la junte, Assimi Goïta, lors des cérémonies des 60 ans de l'indépendance du Mali, à Bamako, le 22 septembre 2020. (Illustration)
Le chef de la junte, Assimi Goïta, lors des cérémonies des 60 ans de l'indépendance du Mali, à Bamako, le 22 septembre 2020. (Illustration) MICHELE CATTANI / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Suite au nouveau découpage régional, le nombre de régions maliennes passe de 15 à 20. À cette occasion, 13 militaires proches d’Assimi Goïta, le vice-président chargé des questions de défense et de sécurité et homme fort de la junte, ont été nommés à la place de civils pour diriger la plupart des régions.

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Ils n’étaient jusque-là que cinq militaires sur les quinze gouverneurs de régions au Mali. Mais avec le nouveau découpage régional, ils sont désormais treize militaires et sept civils pour les vingt régions, rapporte notre correspondant à Bamako, Serge Daniel

Le vice-président de la transition, le colonel Assimi Goïta, chargé des questions de sécurité et de défense, et le ministre malien de l’Administration territoriale - son camarade de promotion - ont eu la haute main sur ces nominations.

Au Mali, le gouverneur de région est le représentant du pouvoir central. C’est un homme clé à l’intérieur du pays. À Gao et Taoudeni, deux régions du nord du pays, ou encore à Mopti, au centre, des militaires sont à la tête des régions.

Selon un proche du vice-président, ces nominations ont pour but d’appliquer la nouvelle stratégie de défense et de sécurisation des populations maliennes.

Dans les rangs de la classe politique locale, ces nominations provoquent déjà des grincements de dents (lire encadré). Même réaction du côté des défenseurs des droits humains, qui rappellent que le nom d’un nouveau gouverneur nommé figure dans un récent rapport de l’ONU, pour « prise de décisions douteuses », lors d’un redéploiement programmé d’éléments de l’armée malienne dans le Nord, fin 2019.


■ La classe politique malienne réagit aux nominations

Les réactions divergent entre les inquiets et ceux qui ne sont guère surpris. Moussa Mara, du parti Yelema, n’est pas choqué. « Dans un pays où il y a beaucoup d’insécurité, nommer des militaires au poste de gouverneur s’explique. Cela s’est déjà fait auparavant. On regardera les résultats. », estime l’ancien ministre.

« Ce n’est pas la première fois, Mais ce qui choque cette fois, poursuit avec indignation l’ancien ministre, c’est leur nombre, plus de la moitié ! Ceux qui doutaient qu’on est dans un régime militaire doivent déchanter », abonde Djiguiba Keita, secrétaire général du Parena. 

« Les militaires veulent occuper tous les leviers du pouvoir, déplore quant à lui Bokary Treta, à la tête du RPM, le parti du président déchu Ibrahim Boubacar Keïta. Il y a dans le corps préfectoral des gens formés pour l’administration. Nommer à la place des militaires est un mauvais signal ». En revanche, comme d’autres responsables politiques, il note que plusieurs régions créées en 2012 mais qui n’étaient toujours pas opérationnelles voient pour la première fois des gouverneurs nommés à leur tête, ce qu’il estime être « une bonne chose ».

Plusieurs partis n’ont pas répondu aux sollicitations de RFI, soit parce qu’ils n’ont pas pu être joints ou parce que leurs représentants ont indiqué ne pas avoir eu le temps de se concerter en interne afin de déterminer une position officielle.

C’est notamment le cas de partis membres de l’Action républicaine pour le progrès, qui soutiennent les autorités et assurent jusqu’ici vouloir laisser aux militaires le temps de faire leurs preuves. Ou encore du M5-RFP qui, à l’inverse, dénonce avec vigueur depuis le Coup d’État la militarisation des organes de transition et de l’administration malienne. Ces nominations apportent de l’eau à leur moulin, mais pas de réaction officielle à ce stade.

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