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«Désarroi», «coup de massue»: au Burkina Faso, déception dans les rangs de l'opposition

Tahirou Barry, Ablassé Ouédraogo, Zéphyrin Diabré and  Eddie Komboïgo, presidential candidates in Burkina Faso, during a press conference on November 21, 2020.
Tahirou Barry, Ablassé Ouédraogo, Zéphyrin Diabré and Eddie Komboïgo, presidential candidates in Burkina Faso, during a press conference on November 21, 2020. © Paulina Zidi/RFI
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Le président sortant, Roch Marc Christian Kaboré, a remporté la présidentielle dès le premier tour au Burkina Faso avec 57,87% des voix. Il devance Eddie Komboïgo (15,48%), dont c’était la première candidature. Celui-ci portait les couleurs du CDP, le parti de l’ancien président Blaise Compaoré. Un parti qui n’avait pas eu le droit de se présenter en 2015. Si la formation qui a dirigé le pays pendant 27 ans retrouve une place dans le jeu politique, les militants restent déçus par ce résultat. Tout comme ceux de l’UPC de Zéphirin Diabré, troisième du premier tour (12,46%).

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Il y a beau avoir de la musique dans la cour du QG de campagne d’Eddie Komboïgo, le candidat du CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès), l’ambiance n’est pas vraiment à la fête. Pour Cissé, un jeune militant, cette deuxième place est amère. « C’est le désarroi, c’est le désarroi. Ce n’est pas ce que l’on attendait des urnes », confie-t-il à notre envoyée spéciale, Paulina Zidi.

Le CDP regarde déjà vers 2025

Guy Roux, lui, y a cru jusqu’au bout. Et il ne comprend pas vraiment ces résultats sortis des urnes : « Il (Eddie Komboïgo, ndlr) avait une machine électorale très confortable. Notre parti est partout au Burkina Faso, des gens vraiment solides le soutiennent, une jeunesse dynamique le soutenait aussi. Donc il avait toutes les chances pour réussir cette élection. »

Une deuxième place qui ne fait pas rougir Sid Mohammed, un autre jeune militant. Pour lui, il faut quand même saluer le chemin parcouru pour ce parti qui, en 2015, avait été exclu de la dernière présidentielle : « Vraiment, on revient de loin et je pense qu’il fallait être Eddie Komboïgo pour être aussi combatif est venir en deuxième position si on s’en tient aux résultats des urnes. Donc, on ne peut que le féliciter et l’encourager. »

Combatif, Sid Mohamed met déjà le cap sur 2025. « Le travail commence maintenant », prévient-il.

L’UPC reste silencieuse et s’exprimera prochainement

L'ambiance était relativement la même du côté de l’Union pour le progrès et le changement .Après la proclamation des résultats provisoires, le siège de l'UPC, le parti de Zephirin Diabré, s’est vidé. Il n’y avait presque personne, contrairement aux années précédentes. Suite à un mot d’ordre des responsables de l’UPC, aucune animation ni regroupement n’a été autorisé. Par ailleurs les dirigeants n’ont répondu à aucune sollicitation de la presse après les résultats provisoires.

A la direction nationale de la campagne, seul le technicien est assis derrière son matériel d’animation. « Il n’y a personne. Tout le monde est parti », lance-t-il à notre correspondant Yaya Boudani. Nous décidons de faire un tour au siège du parti. Là aussi, le calme règne. Dans la cour, des chaises aux couleurs du parti sont empilées sur une terrasse. Quelques militants – moins d’une dizaine –  sont assis devant un poste téléviseur. Sur les murs, des affiches de la campagne électorale du candidat Zéphirin Diabré sont placardées. Justin, un militant qui était de passage, appelle ses camarades à ne pas se laisser décourager par le résultat du scrutin.

Samiratou Compaoré, une jeune militante, se dit très déçue par le score de son candidat, mais elle pense déjà aux cinq prochaines années. Après ce « coup de massue », selon un militant du parti, la consigne, est claire : « aucune déclaration ni regroupement pour le moment ». Dans les prochains jours, le parti donnera sa lecture de ces élections, nous confie un responsable.

Liesse au QG du président Kaboré

L'ambiance était bien différente jeudi soir à Ouagadougou, au QG de campagne du MPP, le parti du président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré. Les militants ont fêté le pari réussi de cette victoire nette au premier tour. Carine Frenk, pour RFI, a assisté aux scènes de joie d'un groupe de jeunes militants.

Honoré, Yaya et Oumar font partie de ces jeunes qui se sont mobilisés. Cette victoire est aussi la leur. « Cette soirée est fantastique, inoubliable, mémorable ! », « Les jeunes ont été les premiers artisans de cette élection », « C'est le résultat de ce que nous avons semé », ont-ils lancé, ravis, tandis que le président, dans un esprit rassembleur, tendait la main à l'opposition et aux Burkinabè qui n'ont pas voté pour lui.

 

Résultats nationaux provisoires :

Roch Marc Christian Kaboré, MPP - Mouvement du peuple pour le progrès : 57,87%, remporte l’élection dès le premier tour.

Eddie Komboïgo, CDP - Congrès pour la démocratie et le progrès : 15,48%

Zéphirin Diabré, UPC - Union pour le progrès et le changement : 12,46%

Kadré Désiré Ouedraogo, Agir ensemble : 3,36%

Tahirou Barry - Paren : 2,19%

Ablasse Ouedraogo - Faso Autrement : 1,80%

Gilbert Noël Ouedraogo, ADF-RDA : 1,55%

Yacouba Isaac Zida, MPS : 1,52%

Abdoulaye Soma, Soleil d’avenir : 1,41%

Ségui Ambroise Farama, OPF : 0,90%

Kiemdoro Do Pascal Sessouma, Vision Burkina : 0,70%

Yéli Monique Kam, MRB : 0,53%

Claude Aimé Tassembedo, indépendant : 0,23%

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