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RDC: l’Assemblée nationale examine la première loi de protection des pygmées

L'Assemblée nationale congolaise, le 19 août 2019 au Palais du Peuple à Kinshasa.
L'Assemblée nationale congolaise, le 19 août 2019 au Palais du Peuple à Kinshasa. JUNIOR D.KANNAH / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En République démocratique du Congo, les lignes bougent pour les pygmées, qui pourraient bientôt bénéficier d'une discrimination positive. L’Assemblée nationale a examiné ce jeudi 26 novembre une proposition de loi sur la protection et la reconnaissance des droits des peuples autochtones, une première dans ce pays. Mais cette étape n’a pas fait que des heureux.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

Jadis mis à l'écart et stigmatisés, leur sort préoccupe les élus. Aujourd’hui, il y aurait plus d’un million de Pygmées en République démocratique du Congo. En plus de la gratuité de l’enseignement primaire, déjà instituée pour tous les enfants, les Pygmées, eux, pourraient étudier jusqu’au secondaire gratuitement.

La majorité des Congolais de cette souche n’a pas fréquenté l’école à cause des préjugés. « Les enfants pygmées ne pouvaient pas étudier dans les mêmes écoles que les autres. Les femmes Pygmées ne pouvaient pas non plus accoucher dans les mêmes maternités que les autres. Les Pygmées ne pouvaient même pas saisir la justice car ils étaient considérés comme des sous-hommes. Mais aujourd’hui avec l’innovation de l’accès gratuit à la Justice, on reconnaît même la commission d’office pour les autochtones Pygmées. Ils doivent être accompagnés par les avocats qui seront payés par l’État congolais afin de les stimuler à participer à la vie nationale comme tous les autres Congolais », explique le député Ruphin Rachidi, auteur de la proposition de loi.

Une satisfaction pour la Dynamique des groupes des peuples autochtones (DGPA), une ONG congolaise qui milite depuis huit ans pour que cette loi soit débattue. « Au niveau des services étatiques et institutions, cette question sur la cooptation, il y a déjà des promesses dans le sens de voir comment intégrer ces éléments dans le code électoral. L’élément le plus essentiel, c’est la matérialisation de la loi dans le vécu au quotidien des peuples autochtones Pygmées, dans la protection de leurs sites sacrés et leurs habitats actuellement qui est la grande forêt équatoriale », estime Patrick Sadiki, son coordonnateur national.

Une loi qui ne fait pas l’unanimité

Dans l’hémicycle, le débat a été houleux. Quelques députés fulminent contre la désignation officielle des Pygmées comme étant des autochtones, sous-entendu : les autres Congolais viennent d'ailleurs.

« C’est une question d’identité et une question d’histoire. Si ça ne gêne pas les Américains de dire que les Amérindiens sont des peuples autochtones ou bien que les Kenyans disent que les Massaïs sont des peuples autochtones, je ne comprends pas pourquoi ça devrait nous gêner alors que nous avons étudié depuis l’école primaire que les Pygmées sont des peuples autochtones », estime Christelle Vuanga, la présidente de la Commission des droits de l’homme à l’Assemblée. 

Certains élus n’ont pas approuvé ce projet, qui selon eux, reste discriminatoire. Ils ont demandé d’étendre son contenu à d’autres minorités dans le pays.

 

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