Mali: le fonds de la CPI à Bamako pour indemniser les victimes d'Ahmad Al Faqi Al Mahdi

Le gardien d'un mausolée prie devant une tombe endommagée à Tombouctou, le 4 avril 2014.
Le gardien d'un mausolée prie devant une tombe endommagée à Tombouctou, le 4 avril 2014. AP - Baba Ahmed

Quatre ans après la condamnation à neuf ans de prison d'Ahmad Al Faqi Al Mahdi par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et la destruction des mausolées de Tombouctou, une délégation du fonds au profit des victimes s’est rendue à Bamako. Les États signataires du statut de Rome alimentent ce fonds. Pour le Mali, un 1,8 milliards de francs CFA vont être octroyés à partir de janvier 2021 aux victimes tombouctiennes identifiées suite au procès d'Al Faqi.

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Avec notre correspondant à Bamako, Kaourou Magassa

Environ un millier de personnes, principalement les ayants droits des saints des mausolées détruits à Tombouctou en 2012 lors de l’occupation terroriste, bénéficieront de compensations financières individuelles.  

« Il y aura après des réparations collectives et là, il est difficile de dire combien de personnes seront touchés, précise Aude Le Goff, responsable du programme du fonds de réparation des victimes. Mais le but de cette décision, c’est justement de dire que toute la communauté dans son ensemble a été victime, et doit bénéficier de réparations. »

Des réparations symboliques ont été décidées ainsi que la poursuite de la réhabilitation des mausolées de Tombouctou. « C’est une victoire de la justice contre l’impunité », se réjouit Me Kassongo Mayombo, avocat des victimes du dossier Al Mahdi.

Une victoire car dans les dossiers de crime de guerre ou de crimes contre l’humanité, le fonds au profit des victimes palie la non-solvabilité des condamnés et le manque de moyens des États concernés.

Nouveux projets d'assistance aux victimes

Malgré cette avancée, la Malienne Mama Koité Doumbia, présidente du Fonds, souhaite aller plus loin : « Pour ce qui concerne l’assistance, il y a beaucoup de choses qui seront faites. Ce sont des reconstructions, des soins physiques, des soins mentaux des activités génératrices de revenus que nous faisons. On le fait en RDC, on l’a fait en Ouganda, et on le fera au Mali. »

Dans le pays, de nouvelles activités d’assistance pour les victimes des régions de Gao et de Mopti sont également prévues.

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