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Tchad: crispations autour de la tenue d'un «Forum citoyen» interdit par le gouvernement

Patrouille de police à Ndjamena. (Image d'illustration)
Patrouille de police à Ndjamena. (Image d'illustration) BRAHIM ADJI / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La police tchadienne a opéré une descente dans les locaux de la radio privée FM Liberté, vendredi 27 novembre à N'Djaména. Selon la police, 70 personnes ont été interpellées. Elles ont, pour la majorité, été relâchées vendredi soir, mais trois militants de la société civile ont été déférés devant le procureur de la République, toujours selon la police. Cette intervention a été vivement condamnée par plusieurs organisations qui s’indignent du climat tendu qui prévaut ces dernières semaines au Tchad envers la société civile et les partis politiques.

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L’Union des syndicats du Tchad (l’UST) condamne « une intervention sauvage et des arrestations arbitraires », lit-on dans un communiqué. Cet épisode survient quelques semaines après que les sièges de plusieurs partis politiques et les domiciles de leaders de l’opposition ont été encerclés. Parmi eux : Saleh Kebzabo de l'Union nationale pour la développement et le renouveau, Mahamat Ahmat Alhabo du Parti pour les libertés et la démocratie, et Succès Masra qui représente les Transformateurs.

Tous sont soupçonnés de vouloir organiser un contre-forum, après le « Forum national inclusif » tenu par les autorités.  Jeudi 26 novembre, un arrêté publié par le gouvernement a interdit formellement la tenue d'un « Forum citoyen », initialement prévu vendredi.

► À lire aussi : Tchad: des dizaines de personnes interpellées dans une radio privée

Mahamat Nour Ibedou, le secrétaire général de la Convention tchadienne de défense des droits de l’Homme, s’inquiète de ce durcissement. « Il y a trois ou quatre mois, cette dérive dictatoriale a commencé à se faire sentir de plus en plus », constate-t-il.

Mahamat Zène Bada, le secrétaire général du Mouvement patriotique du salut, dénonce de son côté une « opposition armée ». « Cette opposition armée est bannie par la Constitution. Ces gens qui réclament aujourd'hui ce qu'on appelle leur forum, c'est aussi pour une participation de l'opposition armée. L'opposition armée doit être traitée comme telle », martèle-t-il.

Pour l'heure, trois militants de la société civile devaient être déférés devant le parquet suite à l'interdiction du « Forum citoyen » de vendredi.

« On n'est pas libre. On nous contrôle, on nous empêche de nous réunir »

Mekondo Sony, président de l'Union des radios privées du Tchad (URPT)

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