Accéder au contenu principal

Tchad: les victimes des atrocités du régime d'Hissène Habré se souviennent

Clément Abaifouta, président d'une association de victimes de Hissène Habré, ému 

lors d'une conférence de presse donné le 17 juillet 2013 à Dakar au Sénégal, où l'ancien président est emprisonné pour crimes conter l'humanité, crimes de guerre et actes de torture.
Clément Abaifouta, président d'une association de victimes de Hissène Habré, ému lors d'une conférence de presse donné le 17 juillet 2013 à Dakar au Sénégal, où l'ancien président est emprisonné pour crimes conter l'humanité, crimes de guerre et actes de torture. AP - Rebecca Blackwell
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Il y a 30 ans, le samedi 1er décembre 1990, Idriss Déby prenait le pouvoir au Tchad après la fuite de son prédécesseur, Hissène Habré, chassé par le Mouvement patriotique du salut. On découvrait alors les atrocités du régime Habré, qui a duré près de huit ans : quelques 40 000 morts, selon une commission d'enquête diligentée par les nouvelles autorités. À l'époque, de nombreux prisonniers ont également retrouvé la liberté. RFI a rencontré quelques-uns de ces prisonniers sortis des geôles d'Hissène Habré.

Publicité

Avec notre correspondant à N'Djaména, Madjiasra Nako

Dans la dernière semaine du mois de novembre 1990, l’ambiance a brutalement changé aux « Locaux », la plus meurtrière des prisons d'Hissène Habré. Mahamat Moussa avait 21 ans. Emprisonné depuis deux ans, il était en charge de la cuisine des prisonniers. Il se souvient des derniers jours : « Depuis lundi, on n'avait plus de nourriture. De mardi à vendredi, les gardiens sont partis à la prière de 13 heures. Et ils sont partis pour de bon. »

► À lire aussi : À lire aussi : Le 1er décembre 1990, Idriss Déby prend le pouvoir au Tchad

Les geôliers partis pour la prière du vendredi ne reviendront plus. Entretemps, un des gardes, chargé de laisser mourir les prisonniers, va tenter de soulager sa conscience en se confiant à Fatimé Hachim, une prisonnière. Celle-ci se souvient : 

« C'était un militaire qui s'appelait Mahamat. Il m'a expliqué qu'ils avaient reçu l'ordre de tuer tous les prisonniers. Mais lui ne pouvait pas. Il m'a dit "Je vais vous sortir de nuit." » Quand l'obscurité vint, le garde tira, avec son arme à feu, à quatre reprises : c'était le signal codé pour que les prisonniers s'échappent. Le geôlier leur avait laissé une issue.

Fatimé Hachim sera aidée par les rares prisonniers qui avaient encore des forces, après cinq jours de diète. Ce sont eux qui vont ouvrir les premières cellules qui vont livrer l’horreur de huit années de règne.

► À lire aussi : Sénégal: les victimes d'Hissène Habré n'ont toujours pas reçu les réparations dues

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.