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Bras de fer avec les multinationales du chocolat: les inquiétudes des producteurs

Séchage des fèves de cacao à Djangobo, dans l'est de la Côte d'Ivoire. (Image d'illustration)
Séchage des fèves de cacao à Djangobo, dans l'est de la Côte d'Ivoire. (Image d'illustration) REUTERS - Thierry Gouegnon
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La Côte d’Ivoire et le Ghana poursuivent leur bras de fer avec les multinationales du chocolat. Les deux pays, qui concentrent les deux tiers de la production mondiale de cacao, les accusent de refuser de payer le différentiel de revenu décent (DRD), la prime de 400 dollars la tonne destinée aux planteurs.

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Les organes de régulation, le Conseil café-cacao ivoirien (CCC) et le Cocoa Board ghanéen (Cocobod), ont lancé une campagne médiatique contre ces multinationales très préoccupées par leur image et l’image du cacao qu’elles achètent. Des multinationales qui font certifier ce cacao pour s’assurer qu’il n’est pas produit par des enfants ou qu’il ne contribue pas à la déforestation. Hershey est l’une des compagnies particulièrement mises à l'index par le Ghana et la Côte d’Ivoire, qui l’ont suspendue de tous leurs programmes de certification.

Discuter de la stratégie à suivre

Ce jeudi 3 décembre, à Yamoussoukro, le CCC rencontrait quatre organisations de planteurs pour exposer la situation et discuter de la stratégie à suivre. Si, comme l’affirme Yves Koné, le directeur du CCC, « il n’y a pas de guerre du cacao » et que les multinationales restent des « partenaires », le torchon brûle bel et bien. Aussi, les quatre organisations de planteurs présentes ont promis de faire pression sur les intérêts de ces multinationales sur le terrain afin de peser dans les discussions, quitte à « boycotter toutes les activités liées aux industriels ». « Nous leur demandons de faire en sorte qu’on n’arrive pas à des activités de sabotage, des activités de boycott », dit Soro Penatirgué, président de l’Association nationale des coopératives agricoles de Côte d’Ivoire (Anacaci).

► À lire aussi : La Côte d’Ivoire et le Ghana en croisade contre les multinationales du chocolat

Dans la salle, des dizaines de producteurs, plus ou moins prêts à voir leur cacao s’accumuler et à ne plus voir l’argent rentrer. Fanta Bakayoko possède cinq hectares de cacao à Séguéla. Selon lui, il y a « beaucoup d’inquiétude. Mais avec ce qu’on vient d’entendre, on va pouvoir continuer la production. On va le supporter, puisqu’en plus du cacao, on fait du manioc, on fait des bananes. On va essayer de supporter, mais on est obligés de boycotter aussi pour voir ce que cela va donner ».

Tout aussi inquiet, Denis Konan Kouassi, producteur à Toumodi, ne partage pas l’optimisme de ces leaders syndicaux qui estiment que la diversification des cultures permettra aux planteurs de tenir : « Ce combat, ce n’est pas un petit combat. Je prends mon propre cas : à part mon cacao, je n’ai pas d’autres revenus. On nous demande de ne pas livrer le cacao. J’ai des enfants qui vont à l’école. Je vais faire quoi ? On ne peut pas dire qu’on ne peut pas produire du cacao. Ils veulent nous aider mais les moyens font défaut. On fait comment ? ».

La Côte d'Ivoire assure soutenir le combat des producteurs

Adama Coulibaly, le ministre de l'Économie et des Finances de Côte d'Ivoire, assure que son gouvernement soutient le combat des producteurs ivoiriens et ghanéens : « 6% seulement du business du chocolat revient actuellement aux planteurs. Il n’est pas acceptable que nous continuions dans cette voie-là. Donc, le différentiel a été négocié avec le chocolatier pour accroître le revenu des paysans et accroître également la qualité de la production. Il faut savoir que ce chocolat, qui est produit avec le différentiel de revenu décent, sort en fait du Ghana et de la Côte d’Ivoire, et que c’est un label de qualité. Donc, nous travaillons à ce que, justement, les chocolatiers puissent respecter leurs engagements ».

Pour le ministre de l’Économie, les discussions sont en cours : « Ce n’est pas seulement le gouvernement ivoirien ; nous, on coordonne très bien avec le Ghana. Je peux vous dire que les choses vont dans le bon sens et que, très prochainement, les choses vont rentrer dans l’ordre ».

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