Couvre-feu en RDC: réduire la circulation pour réduire la propagation du Covid-19

Kinshasa, le 10 août 2020. Un élève se fait prendre la température, à l'entrée de l'école. (Image d'illustration)
Kinshasa, le 10 août 2020. Un élève se fait prendre la température, à l'entrée de l'école. (Image d'illustration) Arsene Mpiana / AFP
Texte par : RFI Suivre
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Le président Félix Tshisekedi a décrété un couvre-feu national illimité pour faire face à la seconde vague de Covid-19. Une mesure qui entrera en vigueur dès ce vendredi 18 décembre. Environ 15 000 cas dont plus de 360 décès ont été recensés à travers le pays, mais les autorités assurent que les signaux sont aux rouges.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

Désormais, 22 des 26 provinces du Congo sont touchées par le Covid-19. Mais la capitale Kinshasa regroupe à elle seule les trois quarts des cas, suivie des provinces du Nord-Kivu, du Kongo Central et du Haut-Katanga, des régions à forte activité économique. En instaurant le couvre-feu, le président Félix Tshisekedi veut neutraliser le vecteur du virus.

« Le virus ne circule pas de lui-même. Ce sont des personnes infectées pour la plupart généralement asymptomatiques qui sont les véritables véhicules. Ce sont des mesures pour réduire la circulation des gens », estime en effet Jean-Marie Kayembe, le chef de la prise en charge médicale au sein du comité de riposte.

Dans certains hôpitaux qui accueillent les patients Covid, le personnel soignant est débordé, ajoute Jean-Marie Kayembe : « Il faut reconnaître qu’il y a de nouveau un surcroît de travail, aujourd’hui nous assistons à une demande de plus en plus importante d’hospitalisations. Certains hôpitaux sont débordés, mais ce n’est pas le moment en tout cas de paniquer. »

Société civile inquiète

Les derniers chiffres faisant état de plus de 300 cas en une journée ont inquiété les autorités, bien que ces chiffres officiels ne représentent pas la situation réelle du terrain. « Nous n’avons pas une grosse capacité de détection et d’autant plus que la maladie chez 85 % de la population des personnes atteintes, positives, est asymptomatique », détaille Jean-Marie Kayembe.

Mais la société civile est inquiète, car ce couvre-feu est illimité et s’applique sur des provinces qui n’ont que très peu de cas, comme le Maniema qui en compte 12.

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